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Le Parti socialiste apporte son plein soutien à Sylvain Thévoz

Le Parti socialiste genevois, le Parti socialiste suisse et le Parti socialiste Ville de Genève apportent leur plein soutien au député Sylvain Thévoz, visé par une action civile introduite par la CICAD à la suite de plusieurs publications portant notamment sur les positions et l’action de cette association. Cette procédure soulève une question fondamentale pour notre démocratie : celle de la liberté d’expression et du droit à la critique politique.

Dans une démocratie, les élu-es doivent pouvoir interpeller les institutions, questionner les organisations qui interviennent dans le débat public et exprimer des positions susceptibles de déranger.

En demandant notamment le retrait de plusieurs publications de Sylvain Thévoz, l’action engagée par la CICAD fait peser sur lui une importante charge personnelle, financière et politique. Elle produit également un effet d’intimidation sur toutes celles et ceux qui souhaiteraient prendre part au même débat.

Il est à cet égard significatif que la CICAD ait choisi la voie civile plutôt que la voie pénale, admettant ainsi que les éléments constitutifs de la diffamation ou de la calomnie n’étaient pas réunis. L’action civile vise néanmoins à obtenir le retrait de publications politiques.

Cette démarche présente ainsi les caractéristiques d’une procédure-bâillon : indépendamment de son issue, elle risque d’épuiser, de décourager et de pousser à l’autocensure une voix engagée dans un débat d’intérêt public. Le désaccord politique doit se confronter par les faits et les arguments, non par des procédures visant à obtenir le retrait des publications de son contradicteur.

La CICAD intervient régulièrement dans le débat public, bénéficie de financements publics et mène des activités dans les établissements scolaires du canton. Ses positions, ses interventions et l’utilisation de ces financements doivent donc pouvoir faire l’objet de questions, de critiques et d’un contrôle démocratique.

Depuis que la coprésidence du PS genevois a exprimé son soutien à Sylvain Thévoz, les mises en cause publiques se sont étendues à Cyril Mizrahi et au parti lui-même. Le Parti socialiste refuse cette stratégie d’intimidation.

« Notre engagement contre le racisme, l’antisémitisme et toutes les formes de discrimination est absolu » explique Guilhem Kokot, président du PS Ville de Genève. « Critiquer un gouvernement ou sa politique ne constitue pas, en soi, une forme de racisme. La critique du gouvernement israélien, de ses politiques, du sionisme ou des positions de la CICAD ne peut être automatiquement assimilée à de l’antisémitisme. »

Une critique politique franchit une limite lorsqu’elle vise les personnes juives en raison de leur identité ou véhicule des stéréotypes et une haine antisémites. Cette vigilance indispensable ne doit cependant pas servir à rendre suspecte toute dénonciation de la politique menée par le gouvernement de Benyamin Netanyahu ou toute défense des droits du peuple palestinien.

« La CICAD intervient dans le débat public, bénéficie de financements publics et mène des activités dans les écoles. Elle doit donc accepter que ses positions et son action soient questionnées. Saisir la justice pour obtenir le retrait de publications critiques produit un effet d’intimidation que nous ne pouvons pas banaliser. Notre soutien à Sylvain et notre attachement à la liberté du débat démocratique ne se négocient pas », déclare Amanda Gavilanes, coprésidente du Parti socialiste genevois.

« La liberté d’expression ne protège pas uniquement les opinions consensuelles. Nous sommes prêts au dialogue et pleinement engagés dans la lutte contre l’antisémitisme. Mais le dialogue ne peut pas être imposé sous la pression d’une procédure judiciaire ni passer par la tentative d’isoler un élu et son parti. Nous ne nous laisserons ni intimider ni diviser », ajoute Cyril Mizrahi, coprésident du Parti socialiste genevois.

« En signant avec Mattea Meyer l’appel en faveur de Sylvain Thévoz, nous avons voulu défendre un principe essentiel : le débat politique ne doit pas être entravé par des procédures judiciaires qui produisent un effet d’intimidation. Notre lutte résolue contre l’antisémitisme est pleinement compatible avec le droit de critiquer la politique du gouvernement israélien comme les positions de toute organisation intervenant dans l’espace public. C’est au nom de cette exigence démocratique que nous exprimons notre solidarité avec Sylvain Thévoz et le PS genevois », déclare Cédric Wermuth, coprésident du Parti socialiste suisse.

Le Parti socialiste continuera à combattre le racisme et l’antisémitisme, à défendre le droit de tous les peuples à disposer d’eux-mêmes et à faire vivre un débat démocratique libre.

Ni les pressions ni les procédures judiciaires ne nous feront taire.