Une large alliance de partis, syndicats et associations, réunie au sein d’un comité référendaire, lance aujourd’hui sa campagne contre la coupe de 2 millions de francs par année dans le financement de la HES-SO Genève. Le 27 septembre, la population genevoise sera appelée à se prononcer sur cette décision de la majorité de droite du Grand Conseil. Pour notre comité, le choix est clair : il faut dire NON à une économie de bouts de chandelle qui menace la qualité de la formation et pénalise directement les étudiant-es.
La HES-SO Genève forme plus de 6’000 étudiant-es dans six hautes écoles spécialisées : santé, travail social, ingénierie, architecture, gestion, art, design et musique. Ces formations répondent à des besoins essentiels de notre canton. Alors que Genève fait face à des pénuries de personnel dans plusieurs de ces domaines, réduire les moyens consacrés à leur formation constitue un contresens.
On ne peut pas demander davantage aux étudiant-es tout en donnant moins à celles et ceux qui les forment. Cette coupe intervient en effet après une forte hausse des taxes d’études : +40 % par semestre (+200 CHF) pour les étudiant-es domicilié-es en Suisse et jusqu’à +110 % (+550 CHF) par semestre pour les étudiant-es venant de l’étranger. Les étudiant-es paient donc davantage, tandis que les moyens publics consacrés à leur formation diminuent. Une double pénalisation qui risque d’accentuer les inégalités d’accès aux études supérieures.
Les effets de cette mesure d’économie pourraient être très concrets : pression sur les conditions d’études, réduction des dispositifs d’accompagnement et fragilisation de prestations essentielles, notamment dans les filières où les stages jouent un rôle central.
Pour le comité référendaire, cette décision pose également une question de principe. La formation publique ne peut pas devenir une variable d’ajustement budgétaire. Le contrat de prestations entre l’État et la HES-SO Genève traduit un engagement de service public : il doit garantir à l’institution les moyens nécessaires pour accomplir sa mission. Accepter cette coupe reviendrait à ouvrir la porte à un désengagement progressif de l’État, qui pourrait demain toucher d’autres institutions de formation.
Cette décision est d’autant moins justifiée que le modèle intercantonal de financement de la HES-SO est favorable à Genève. Le canton contribue à hauteur d’environ 145 millions de francs par année au système HES-SO, mais reçoit près de 160 millions pour le financement de ses écoles. La coupe ne corrige donc aucun déséquilibre structurel : elle affaiblit un dispositif qui fonctionne et qui profite à Genève.
Le 27 septembre, il s’agit de choisir entre une économie insignifiante et l’investissement dans l’avenir de notre canton. Dire NON, c’est défendre des formations de qualité, des études accessibles et les professionnel-les dont Genève a besoin pour sa santé, ses services publics, sa cohésion sociale et sa transition écologique.
Le comité référendaire appelle l’ensemble de la population genevoise à se mobiliser et à voter NON à la coupe de 2 millions dans la HES-SO Genève.
Pour plus d’informations :
Adrien Rastello, Jeunesse socialiste genevoise
Grégoire Carasso, Parti socialiste genevois
Benjamin Pellegrin, Mouvement citoyen genevois
Shayma Nadjeh, Conférence Universitaire des Associations d’Etudiant.e.x.s (CUAE)
Jocelyne Haller, SolidaritéS
Angèle-Marie Habiyakare, Les Vert-e-s
Mathilde Mottet, Syndicat des services publics et CGAS
Annick Ecuyer, Parti du Travail