Il y a 94 ans, le 9 novembre 1932, treize personnes perdaient la vie à Plainpalais, sous les balles de l’armée suisse. Alors que des manifestant-es s’étaient mobilisé-es contre un rassemblement fasciste, l’intervention de la troupe provoquait l’une des tragédies les plus graves de l’histoire genevoise. Cet événement demeure un symbole de la violence exercée contre le mouvement ouvrier et antifasciste.
Se souvenir du 9 novembre, ce n’est pas seulement regarder vers le passé. C’est aussi rappeler que la démocratie, les libertés et les droits sociaux doivent être défendus sans relâche.
Aujourd’hui, les forces d’extrême droite progressent dans de nombreux pays. Leurs idées se banalisent, leurs discours de haine se diffusent et leurs représentants accèdent toujours davantage aux institutions. Dans plusieurs régions du monde, les dérives autoritaires se multiplient : affaiblissement des contre-pouvoirs, attaques contre les minorités, remise en cause des droits sociaux et restrictions des libertés publiques. Cette évolution inquiétante nous oblige à réaffirmer notre refus du fascisme et de toutes les formes d’autoritarisme.
À Genève également, les conditions d’exercice du droit de manifester suscitent des préoccupations. Le recours aux nasses et les conditions d’encadrement des manifestations récentes appellent des exigences de transparence et de contrôle indépendant. Les autorités doivent garantir la sécurité et la dignité des personnes ainsi que le libre exercice de la contestation sociale. La droite et une partie du patronat mènent l’offensive contre nos droits. Ils cherchent à restreindre le droit de manifester, tout en nouant des alliances avec l’extrême droite et en banalisant ses idées. En affaiblissant les mobilisations, ils veulent réduire notre capacité à contester leurs politiques et à défendre nos intérêts. Pour les travailleuses et les travailleurs, le droit de manifester est indispensable pour défendre les salaires, les conditions de travail et les services publics.
Dans une période marquée par les tensions sociales, les inégalités et la progression des idées réactionnaires, nous refusons que les libertés démocratiques soient affaiblies. La réponse à la montée de l’autoritarisme doit être davantage de démocratie, de solidarité et de justice sociale.
Le 9 novembre, rassemblons-nous pour honorer la mémoire des victimes de 1932, affirmer notre opposition à l’extrême droite et défendre le droit fondamental de manifester.
RDV à 18h à Uni Mail devant la pierre commémorative.