Aller au contenu directement

Le saviez-vous?

Leonard Ferati
Député — Travailleur Social - Enseignant

D’après le baromètre des familles, élever un enfant en Suisse coûte en moyenne 1500 chf par mois. Pourtant, alors même que l’argent est là, la majorité de droite du Grand Conseil a refusé d’entrer en matière sur notre projet de loi qui proposait d’augmenter les allocations familiales.

À Genève, ces allocations sont financées par les cotisations des employeurs. Cet argent finance la somme que les familles reçoivent pour chaque enfant (311 francs par mois), y compris les allocations de formation (415 francs par mois).

Or, vous ne le savez probablement pas, mais le taux de ces cotisations baisse chaque année depuis 5 ans car le fonds cantonal des allocations familiales fait des excédents, sans que l’argent ne soit redistribué aux familles. Et cette information change complètement le débat.

En effet, lorsque les finances le permettent, deux choix sont possibles : diminuer les cotisations des employeurs ou améliorer les prestations versées aux familles. Devinez lequel a été privilégié ces dernières années par le Conseil d’Etat majoritairement de droite ?

Le taux de cotisation était de 2,45% en 2021. En 2022, il était de 2,40%, puis de 2,34% en 2023, avant de descendre à 2,28% en 2024 et 2,25% en 2025. En 2026, il est désormais de 2,22% et il continuera probablement de baisser l’année prochaine.

Pourquoi ? C’est un cadeau fait aux entreprises alors que cet argent devrait revenir aux familles. 

Mais quand il y a des marges, la droite baisse les cotisations. Quand nous proposons de les redistribuer aux familles, soudainement elle prétend que nous mettons en péril l’équilibre économique, après avoir fait plus de 500 millions de cadeaux fiscaux.

C’est précisément cette logique que nous voulons inverser. Le projet de loi que j’ai déposé proposait une augmentation de 3% des allocations familiales. Concrètement : 9 francs supplémentaires par mois pour un enfant jusqu’à 16 ans, soit une allocation qui passerait de 311 à 320 francs par mois et par enfant. Pour les jeunes en formation : 12 francs supplémentaires par mois et par enfant, de 415 à 423 francs.

Pas une révolution. Mais dans le Genève de 2026, chaque franc compte.

Parce qu’il existe deux Genève. Celle des chiffres records, des bénéfices et d’une économie parmi les plus prospères du monde. Et celle des familles populaires et des classes moyennes qui travaillent, paient leurs impôts et voient leur budget étranglé par les loyers, les primes maladie, l’alimentation et les frais de garde.

Pour beaucoup, on ne parle même plus de « pouvoir d’achat ». On parle de reste à vivre. Et face à cette réalité, on voudrait nous expliquer que 9 francs par mois seraient excessifs ?

C’est finalement toute la contradiction de cette droite qui aime tant parler des familles. Défendre « la famille » dans les discours est facile. Défendre concrètement le portefeuille des familles lorsqu’il faut voter, manifestement, c’est plus compliqué.

Le Fonds des allocations familiales n’est pas une tirelire. Il doit conserver des réserves, évidemment. Mais sa finalité reste de soutenir les familles. Il s’agit d’un outil qui a été construit dans l’intérêt des familles. C’est d’ailleurs à cela que sert notre gouvernement : fixer les règles entre le marché, les familles et l’État. Notre Conseil d’État choisit délibérément de ne pas redistribuer l’argent aux familles. 

Alors notre choix est vite fait : entre quelques centièmes de cotisation en moins et quelques francs de plus dans le budget d’une famille, nous choisissons les familles. Parce que la richesse produite à Genève doit aussi revenir à celles et ceux qui font vivre ce canton.

Nous autres socialistes avons choisi notre camp. Celui des familles. Celui des classes populaires et moyennes. Celui des enfants et de leur avenir.