La loi « Pour que les locataires puissent devenir, s’ils le souhaitent, propriétaires de leur propre logement » permet la vente individuelle d’appartements à leurs locataires, à condition qu’ils ou elles l’occupent depuis au moins 3 ans. Cette loi prétend offrir un accès facilité à la propriété, mais en réalité, contrairement à son titre trompeur, elle ne donne aucun droit aux locataires. Au contraire, ses seuls effets seront de réduire la quantité d’appartements disponibles à la location, d’augmenter les loyers, et d’exacerber le risque de congés-ventes.
Cette loi est une porte d’entrée aux congés-ventes, soit la résiliation d’un bail par le propriétaire qui souhaite vendre le logement en question. Rien ne protégera les locataires qui n’auront jamais les moyens de s’acheter un appartement au prix du marché actuel, soit la majorité des résident-es du canton. Au contraire, il sera plus facile pour leur propriétaire de les mettre dehors afin de revendre l’appartement et faire du profit. Face à la crise du logement, la solution de la droite est donc de pousser les loyers à la hausse. En effet, lorsqu’un propriétaire vend un appartement, il le vend plus cher que ce qu’il l’a acheté. Le nouveau propriétaire a ainsi une incitation directe à augmenter le loyer. Dans un canton composé à 80% de locataires, l’obstacle principal à la propriété est le manque de moyens face aux prix du marché. Les Socialistes vous recommandent de voter NON !
« L’idée est séduisante : “après 3 ans comme locataire, deviens propriétaire”. La réalité est tout autre, car acheter est réservé aux plus fortunés (un appartement de 4 pièces à Genève, c’est minimum 2 millions). Celles et ceux qui n’en ont pas moyens n’auront qu’une solution, partir. Ce projet est un mensonge qui menace le logement abordable. » Olivier Gurtner, Conseiller municipal en Ville de Genève et Secrétaire ASLOCA Genève