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Carl-Vogt : le PS demande au Conseil d’État de stopper les résiliations, de faire respecter la LDTR et s’opposer à cette spéculation massive

Le Parti socialiste genevois dénonce avec la plus grande fermeté les congés massifs récemment notifiés aux locataires des immeubles du boulevard Carl-Vogt 35-43, acquis en 2020 pour 128 millions de francs par la Caisse de pension du canton de Bâle-Ville et gérés par la régie Naef. Sous couvert de rénovations annoncées de longue date, ces propriétaires ont décidé de résilier l’ensemble des baux à leur échéance, une manœuvre cynique qui entraînera inévitablement l’expulsion des locataires actuels et à terme une hausse massive des loyers et une maximisation des rendements au détriment des habitant-es.

Ces pratiques s’apparentent clairement aux méthodes de Leerkündigung largement répandues en Suisse alémanique, consistant à vider entièrement des immeubles afin de les relouer à des loyers fortement majorés. Elles constituent une rupture grave avec les usages genevois et une attaque frontale contre l’esprit et la lettre de la LDTR (Loi sur les démolitions, transformations et rénovations), qui protège depuis des décennies les locataires en imposant la consultation, la réalisation des travaux en site occupé ou par rocades, et en conditionnant les autorisations de construire au respect de ces principes.

À Genève, de telles pratiques n’ont pas existé lors des cinquante dernières années, précisément parce que la LDTR a été conçue pour réduire la spéculation immobilière et garantir le maintien des habitant-es dans leur logement. Laisser aujourd’hui s’installer ce précédent serait ouvrir une brèche dangereuse, transformer notre canton en terrain d’expérimentation pour des stratégies spéculatives, et plonger de nombreuses familles dans des situations humaines dramatiques.

Le Parti socialiste genevois appelle donc le Conseil d’État à agir sans ambiguïté : à faire appliquer strictement la LDTR, à refuser toute autorisation qui contournerait ses objectifs, et à envoyer un signal clair aux grands propriétaires et aux caisses de pension que Genève ne tolérera pas la jungle immobilière. La puissance publique a les moyens juridiques d’intervenir ; elle doit désormais avoir la volonté politique de le faire.

Cette affaire illustre, une fois de plus, l’urgence de renforcer les instruments de lutte contre la spéculation. Elle rappelle l’importance cruciale de l’initiative populaire de l’Asloca sur le droit de préemption, afin de permettre aux collectivités publiques de reprendre la main sur le foncier et de protéger durablement le parc locatif genevois.

Faire de Carl-Vogt un précédent serait une faute politique majeure. Le PS genevois s’engagera, aux côtés des locataires, pour que ce dossier devienne au contraire le point de départ d’une reconquête du droit au logement à Genève.

Pour plus d’informations :

Thomas Wenger, Président du PS genevois
Léna Strasser, Vice-présidente du PS genevois
Christian Dandrès, Conseiller national