Aller au contenu directement

Conseil d’État : une année de présidence plutôt particulière

Par Anne Emery-Torracinta,
Conseillère d’état


J’ai repris la présidence du Conseil d’État mi-octobre, en pleine flambée du coronavirus et alors que l’affaire Maudet allait connaître un nouveau rebondissement : à une crise sanitaire, économique et sociale dont nous ne pouvions même pas imaginer il y a encore moins d’une année qu’elle puisse se produire en Suisse, se rajoute une crise politico-institutionnelle. Et ceci dans un canton sans majorité parlementaire claire, où la classe politique, peu consensuelle, se déchire régulièrement.

Autant dire que cette année présidentielle démarre de manière assez particulière, pratiquement sans événements protocolaires, mais sous le signe de la gestion de crise !

Dans ce contexte, une de mes priorités a été de tout mettre en œuvre pour que notre canton soit doté d’un budget et ne revive pas ce qui s’est passé l’année dernière (aucun poste accepté). Car quand les besoins augmentent – et je le vois à la tête du DIP où le nombre d’élèves est en hausse depuis plusieurs années – refuser les nouveaux postes revient à baisser les prestations.

Aussi, avec le soutien du Conseil d’État, j’ai rencontré les partis et leur ai proposé de s’entendre sur une méthode en deux temps : voter rapidement un budget avec les postes demandés, puis faire travailler gouvernement et Parlement ensemble et sans tabou dès janvier, sur les thèmes qui divisent régulièrement la classe politique (fonctionnement de l’État, fiscalité, fonction publique, répartition des tâches et des charges entre canton et communes, etc.). Car cela ne sert à rien que le Conseil d’État arrive en fin d’été avec des propositions budgétaires qui vont déplaire à tout le monde, au Parlement comme aux partenaires externes que sont les communes ou la fonction publique. Grâce à l’engagement des partis gouvernementaux, un accord a ainsi été trouvé sur le budget.

Autre priorité : anticiper au mieux les besoins futurs du marché du travail. Nul doute en effet que la pandémie aura des conséquences durables sur l’emploi, certains secteurs devant se redimensionner. De plus, les enjeux énergétiques et climatiques vont nécessiter de développer de nouvelles filières de formation. C’est pourquoi, afin de travailler tant sur la reconversion professionnelle que sur les besoins futurs de formation, initiale ou continue, j’ai initié la création d’une « task force » comprenant des représentant-es de quatre départements (DDE, DIP, DSES, DCS) et des partenaires sociaux.

Ces deux exemples illustrent ma conception du rôle de présidente : ne pas faire d’esbroufe, mais m’engager pour mettre les partenaires autour de la table afin de faire avancer les projets dont notre canton a besoin.

A lire aussi

Covid-19 : les communes au plus près des habitant-es

Violences faites aux femmes : encore un long chemin à parcourir

Non à l’Accord de libre-échange avec l’Indonésie !