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Droit de vote à 16 ans : écouter la voix des jeunes

Romain De Sainte Marie
Député au Grand Conseil — Chef de service à l'Université de Genève

Il faudra encore lutter pour que le droit de vote soit accordé aux jeunes dès 16 ans. En effet, une majorité de droite au Grand Conseil a refusé jeudi dernier un projet de loi dans ce sens.

La jeunesse manque-t-elle d’intérêt pour la politique ? Faux, bien au contraire ! Elle a montré qu’elle avait de la voix en descendant dans la rue et en se mobilisant notamment pour le climat ou l’égalité des genres. L’intérêt pour les enjeux de société est bien présent !

Les jeunes seraient-ils et elles alors insuffisamment compétent-es pour comprendre les sujets de votations ? En réalité, l’âge n’est pas la question. Un sujet complexe comme la fiscalité ou l’aménagement du territoire ne devient pas soudainement facile à comprendre à 45 ou 50 ans. Mais la politique ne se borne pas à l’étude de sujets techniques, il s’agit avant tout de s’exprimer sur des sujets qui nous touchent toutes et tous.

Aujourd’hui, à Genève, les jeunes reçoivent des cours d’éduction civique au secondaire I (12-15 ans). Attendre trois ans pour passer de la théorie à la pratique est bien trop long !

Une démocratie qui fonctionne doit reposer sur le socle électoral le plus large afin que les décisions soient les plus légitimes. Abaisser le droit de vote à 16 ans, c’est élargir cette base électorale.

Le droit de vote à 16 ans n’est pas une utopie. L’Autriche, le Brésil, l’Argentine et bien d’autres pays l’ont adopté, ainsi que, plus localement, le canton de Glaris depuis… 2007 ! Contrairement aux croyances des conservateurs et conservatrices de droite, ces Etats n’ont pas connu une dangereuse vague de jeunes gauchistes en abaissant l’âge du droit de vote. Le droit de vote à 16 ans n’est pas une opération électoraliste mais un combat pour la démocratie. Il est temps d’arrêter de faire semblant d’écouter les jeunes ; leur voix doit être entendue.

Alors que faire après ce refus au Grand Conseil ? Les Chambres fédérales discutent actuellement du projet, mais pourquoi attendre Berne ? Genève a été pionnier dans de nombreux domaines, tels que le droit de vote des femmes ou le congé maternité. Une initiative populaire pourrait être une solution, afin que le peuple choisisse !

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