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Faire avancer la Suisse malgré les vents contraires

Estelle Revaz
Conseillère nationale — Artiste, violoncelliste

La session parlementaire de juin s’est achevée avec le sentiment de s’être beaucoup battu : parfois pour éviter le pire, parfois pour obtenir quelques avancées concrètes, mais aussi, trop souvent, avec la frustration d’avoir perdu face à une majorité de droite décomplexée.

Sur l’AVS d’abord. Après la victoire historique de la 13ème rente, il fallait trouver une solution de financement. Le groupe socialiste s’est battu pour un financement équilibré reposant sur les cotisations salariales. Le Parlement a finalement retenu une hausse modérée de la TVA. Si nous n’avons pas pu obtenir exactement ce que nous souhaitions, nous avons pu préserver l’essentiel : garantir le versement de la 13ème rente tout en maintenant le taux réduit de la TVA, notamment sur les denrées alimentaires. Une mesure importante pour protéger le pouvoir d’achat des ménages modestes. La 13ème rente AVS sera ainsi versée comme prévu dès décembre 2026.

Une autre avancée importante concerne la révision de la loi sur l’aide aux victimes (LAVI). Face à l’augmentation préoccupante des violences domestiques et sexuelles, le Parlement a renforcé les droits des victimes. Les cantons devront désormais garantir un accès rapide à des soins spécialisés, permettre la réalisation gratuite de constats médico-légaux et assurer un nombre suffisant de places d’hébergement d’urgence. Le PS s’est engagé de longue date pour une meilleure protection des victimes. Nous pouvons nous réjouir de ces progrès concrets, même s’il reste encore du travail.

Malheureusement, malgré tous nos efforts, nous n’avons pas réussi à repousser les attaques de la droite contre le salaire minimum. La majorité du Parlement a décidé que certaines conventions collectives pourraient désormais primer sur les salaires minimaux pourtant approuvés démocratiquement par les cantons. A Genève, cette décision pourrait avoir des conséquences particulièrement désastreuses puisque là où des conventions collectives existent, le salaire minimum ne pourra plus évoluer et ne pourra par exemple plus être indexer à l’inflation.

Autre sujet d’inquiétude : le retour du nucléaire. La majorité bourgeoise a décidé de rouvrir la porte à la construction de nouvelles centrales nucléaires, tournant ainsi le dos à la décision prise par le peuple suisse après Fukushima. Le PS s’est fermement opposé à ce recul et a tenté, par tous les moyens, d’inverser la tendance. Mais les dissidents du Centre ont fait basculer la majorité.

Dans un contexte politique difficile, nous continuons à nous battre pour une Suisse plus juste, plus solidaire et plus durable. Chaque avancée compte. Chaque recul renforce notre détermination. Il ne faut rien lâcher camarades : ni dans les parlements, ni dans les urnes, ni dans la rue. Ensemble nous pouvons y arriver !Et ça commence toute de suite avec les référendums lancés par le PSS !