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Le 1er Mai doit redevenir un moment de vérité

Halima Delimi
Présidente de la Commission du logement, de l’aménagement et du territoire du PS genevois

Le 1er Mai n’est pas une commémoration. Ce n’est pas un rituel auquel on se plierait par fidélité à un passé révolu. C’est une date qui interroge le présent dans ce qu’il a de plus concret : ce que vaut encore le travail dans nos sociétés, ce qu’il permet et, de plus en plus souvent, ce qu’il ne permet plus.

À Genève comme ailleurs, les réalités sont têtues. Les salaires stagnent pendant que les loyers s’envolent. Les métiers les plus essentiels restent parmi les moins reconnus et les moins rémunérés. Les parcours professionnels sont fragilisés par la précarité, en particulier pour les femmes et pour celles et ceux qui sont venu-es ici avec l’espoir d’une vie meilleure. Pour beaucoup, la promesse d’une vie digne par le travail s’éloigne, malgré les efforts.

Face à cela, certains proposent le repli. L’initiative de l’UDC pour « Une Suisse à dix millions » en est l’illustration : des réponses simplistes à des problèmes complexes, des responsables désignés plutôt que des causes affrontées. C’est une politique de l’esquive, fondée sur la peur de l’autre. Nous la refusons.

Notre choix est différent. Il est socialiste et internationaliste. Parce que le travail n’a jamais connu de frontières. Il est une réalité partagée par toutes celles et ceux qui font vivre notre canton : les femmes qui portent les secteurs du soin, de l’éducation et du lien social ; les travailleuses et travailleurs migrant-es sans lesquel-les Genève ne fonctionnerait pas ; les frontaliers que l’on sollicite quand on en a besoin et que l’on désigne trop souvent comme boucs émissaires. La solidarité ne se découpe pas.

Dans ce combat, les syndicats sont indispensables. Ils organisent, protègent, négocient. Ils sont un rempart face aux inégalités et un levier concret pour améliorer les salaires et les conditions de travail. Ils doivent être soutenus et renforcés, notamment pour mieux rassembler les jeunes confronté-es à des formes nouvelles de précarité.

Ce 1er Mai doit être un moment de rassemblement réel. Rien ne se gagne sans mobilisation, aucune conquête sociale n’est acquise.

Alors soyons présent-es. Nombreux-ses. Déterminé-es.
Pas par habitude. Par nécessité.