Vendredi dernier, une large coalition a déposé le référendum contre l’assouplissement de la loi fédérale sur le matériel de guerre avec plus de 75’000 signatures. Cet assouplissement a pour but de permettre à la Suisse d’exporter des armes vers 25 États du Nord global, dont 17 pays européens, même lorsque ceux-ci sont impliqués dans un conflit armé. De plus, alors que jusqu’alors, les réexportations d’armes nécessitaient un permis, celles-ci sont désormais possibles librement.
Si cet assouplissement est à l’évidence mortifère, il a au moins un mérite : celui de faire tomber les masques. En effet, le processus législatif qui a abouti à cet assouplissement a commencé avec la guerre d’agression russe en Ukraine et plus précisément l’impossibilité de (ré)exporter des armes vers ce pays. Il faut donc assouplir la loi, disaient les partis bourgeois. Or, la nouvelle loi ne permet aucunement d’exporter des armes vers l’Ukraine…
En réalité, le sujet n’a jamais été l’Ukraine. Et pour cause : la droite n’en a que faire de la population civile ukrainienne, tout comme elle n’en a que faire des vies humaines de façon générale. C’était déjà suffisamment clair lorsque la droite refusait de confisquer de manière conséquente les avoirs des oligarques russes, d’agir sérieusement pour éviter que la Suisse ne soit une plateforme de contournement de sanctions et de couper court aux relations économiques permettant d’alimenter la machine de guerre russe, c’est maintenant une évidence avec cet assouplissement.
Tout ce qui compte pour la droite et les milieux économiques, c’est les profits. Et des profits, il n’y en a jamais assez. Peu importe qu’en 2025, la Suisse ait exporté du matériel de guerre pour 948 millions de francs, pas loin du record absolu en la matière. Non, il faut toujours plus !
L’industrie suisse de l’armement réclamait un assouplissement de la loi depuis des années. Cela a été tenté en 2018 avec un assouplissement de l’ordonnance par le Conseil fédéral visant à permettre les exportations d’armes dans les pays en guerre civile mais la droite et l’industrie de l’armement ont subi un échec cuisant avec l’initiative correctrice, dont le lancement a permis de revenir sur cette modification et d’ancrer les critères d’exportation dans la loi. Avec ce nouvel assouplissement, l’industrie de l’armement croit enfin toucher au graal (ensanglanté) mais c’est mal nous connaître.
Nous nous battrons de toutes nos forces contre cet assouplissement mortifère. Si toute entreprise capitaliste est synonyme d’exploitation, l’industrie de l’armement est assurément des plus cyniques. Il s’agit de faire des millions et des milliards, grâce à la mort, la destruction, l’anéantissement. Alors, sur notre bannière, nous écrivons guerre à la guerre et ensemble nous scandons nos vies et la planète valent plus que leurs profits !