Cette session a été marquée par des débats très vifs sur le « paquet d’allègement budgétaire 2027-2029 » qui n’est rien d’autre qu’une politique d’austérité.
De nombreux domaines essentiels sont touchés au nom d’un mot d’ordre simpliste : « tout le monde doit faire des sacrifices ». Sont concernés la formation, la recherche, la coopération internationale, les transports publics, l’environnement, etc.
Ces coupes obéissent à une logique d’économies aveugles, sans vision. Un des exemples emblématiques a été la volonté de couper 300’000 francs dans la formation des professionnels soutenant les victimes de violences domestiques. Le parlement a finalement renoncé à cette coupe mais après des débats homériques.
Le Conseil fédéral et la majorité de droite justifient ce paquet au nom du frein à l’endettement, répétant comme un mantra que les dépenses publiques sont excessives. Or les faits sont têtus : les dépenses de la Confédération représentent environ 11 % du PIB et ce niveau est stable depuis une quinzaine d’années.
De plus, le taux d’endettement de la Suisse est l’un des plus bas des pays de l’OCDE, autour de 17 % du PIB. On nous répète qu’il ne faudrait pas laisser de dettes aux générations futures. Mais ne pas investir dans les énergies renouvelables, dans la formation ou dans la sécurité sociale fera peser un fardeau bien plus lourd sur les jeunes générations.
La politique d’austérité n’est jamais neutre. Sous couvert d’économies prétendument indispensables, en agitant des scénarios alarmistes qui ne se vérifient pas, elle fragilise l’État social et affaiblit les services publics.
Or, près de 1,4 million de personnes se trouvent en situation de précarité, sans aucune marge financière face à la hausse des loyers et des primes d’assurance maladie. La pauvreté dans notre pays reste élevée et souvent chronique, malgré une économie prospère.
Certes, le Conseil des États a un peu limité les dégâts en diminuant certaines coupes ce qui réduira d’un tiers le paquet. Mais cela ne peut nous satisfaire !
Plutôt que de démanteler, cherchons de nouvelles recettes et mettons en place une politique fiscale plus équitable, afin de réduire le fossé qui se creuse entre les ultra-riches et les personnes aux revenus modestes et une partie de la classe moyenne.
Il s’agira de faire une évaluation très sérieuse avant de décider si le parti socialiste lancera ou participera à un référendum. Celui-ci ne porterait que sur les mesures liées à des lois et n’influencerait pas des postes tels que la coopération internationale qui risque de payer très cher de futures coupes déjà prévues !