La loi « Pour une expression non ostentatoire des convictions religieuses » veut modifier la Constitution et durcir le principe de laïcité appliqué à nos représentant-es démocratiques. Les élu-es genevois-es, au niveau cantonal comme communal, devraient dès lors s’abstenir de « signaler une appartenance religieuse par des propos ou des signes extérieurs » durant l’exercice de leurs fonctions.
Selon le député UDC à l’origine de cette loi constitutionnelle, elle s’inspire de la laïcité à la française, plus « active ». Ainsi, elle s’attaque directement à la liberté religieuse des élu-es genevois-es. Ou plutôt – pour faire simple, et parce que le projet ne trompe personne – elle s’attaque aux élues qui auraient l’audace d’être de confession musulmane et de porter le foulard.
En effet, cette loi a pour but de lutter contre « l’islamisation de notre société » et a donc été conçue non pas comme son nom l’indique pour défendre un principe laïque abstrait, mais bien pour cibler une communauté en particulier.
Également défendue par le PLR (puisqu’apparemment se revendiquer « libéral » n’empêche pas d’attaquer les libertés fondamentales de ses concitoyen-nes), cette loi est justifiée par l’habituel discours pseudo-féministe porté par l’extrême-droite sur le voile. La position des Socialistes sur la question est claire : définir ce qu’une femme peut ou ne peut pas porter ne fait que limiter son autonomie et n’est pas un acte féministe. Cette loi exclurait de fait les femmes portant le foulard de l’espace politique, ce qui en ferait une atteinte grave au principe de représentation nécessaire au bon fonctionnement de la démocratie genevoise.
Le PS défend une laïcité démocratique et respectueuse, qui ne soit pas discriminatoire. Cette loi porteuse d’une islamophobie assumée et aux relents misogynes prétend défendre la laïcité mais ne fait que la trahir en s’attaquant directement à la liberté religieuse. Pour toutes ces raisons, et parce que personne ne devrait avoir à choisir entre sa religion et ses droits politiques, nous vous invitons à voter NON.