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Budget 2024 : l’alliance de droite s’impose, et tant pis pour les Genevois-es !

Le budget 2024 porte la marque de la majorité de droite élargie du Grand Conseil (UDC-PLR-LC-LJS-MCG) : un budget amputé de plus de 150 postes et de dizaines de millions, largement insuffisant pour répondre aux besoins de la population (dans tous les domaines : formation, social, santé, mobilité, etc.), pour répondre aux défis posés par les grands bouleversements sociétaux (transition numérique, vieillissement de la population, etc.) et pour faire face à l’urgence climatique. Le PS dénonce, une nouvelle fois, un jeu de massacre irresponsable.

Alors que le budget 2023, accepté sur le fil en décembre 2022, avait permis de rompre temporairement avec l’austérité et les coupes imposées année après année par la droite parlementaire, le budget 2024 marque le grand retour des calculs à la petite semaine et des comptes d’apothicaires. Aux dépens bien sûr des services publics et de la majorité des Genevoises et Genevois.

Ce sont d’abord les employé-es de l’État de Genève, de même que les pensionné-es de la Caisse de pension de l’État, qui en font les frais. Privé-es de la pleine indexation de leurs salaires pour les premier-es, et d’une adaptation de leurs rentes pour les second-es, elles et eux subiront, face au renchérissement, une perte sèche de pouvoir d’achat.

C’est ensuite et surtout l’ensemble de la population qui paiera – une nouvelle fois – les pots cassés du néolibéralisme. En continuant d’affaiblir les services publics et en allant jusqu’à supprimer la subvention d’une association aussi importante que l’AVIVO, qui compte près de 10’000 membres et remplit une fonction essentielle, sur le terrain, auprès de nos aîné-es, la droite majoritaire affiche au grand jour son mépris pour les besoins du peuple qu’elle prétend représenter.

Comment comprendre autrement le refus d’octroyer les moyens – strictement nécessaires ! – demandés notamment :

  • Au DIP, alors que le nombre d’élèves ne cesse de croître, que le nombre d’enfants à besoins spécifiques explose et que la dernière étude PISA vient encore de confirmer l’accroissement des inégalités scolaires ;
  • Au Service de protection de l’adulte (SPAd), alors que celui-ci s’occupe des personnes les plus vulnérables de ce canton et que, de l’aveu même de la Conseillère d’État PLR en charge des finances : «La situation [y] est désespérée et, sans ces postes, on continuera d’assister à des scandales avec des gens qui n’ont pas été suivis correctement» (p. 186 du rapport de commission) ;
  • A l’Office cantonal du logement et de la planification foncière (OCLPF), alors que la crise du logement se poursuit et qu’il est toujours plus difficile pour les ménages modestes de trouver à se loger dans notre canton ;
  • A l’Office cantonal de l’énergie (OCEN) ainsi qu’à celui des bâtiments (OCBA), alors que ces derniers, responsables de 40% des gaz à effet de serre, doivent urgemment être rénovés et que le Grand Conseil a lui-même approuvé un plan en ce sens il y a quelques mois à peine ;
  • A l’Office cantonal des systèmes d’information et du numérique (OCSIN), alors qu’en pleine transition numérique et face à la multiplication des cyberattaques, il devient urgent de moderniser les outils à disposition de l’administration ;
  • A l’Hospice général (HG), alors que les guerres font rage et que notre humanité nous commande d’accueillir dignement celles et ceux qui les fuient ?

Sans parler des coupes linéaires hasardeuses, effectuées à l’aveuglette et pourtant porteuses de conséquences très concrètes, à l’instar de celle de 27,7 millions opérée sur les «dépenses générales», dont font partie, notamment, les frais d’électricité et de chauffage des bâtiments publics mais aussi les repas distribués en prison et dans les foyers du DIP… Le cynisme poussé à son paroxysme.

***

Dans un contexte marqué par une augmentation généralisée du coût de la vie (loyers, primes d’assurance-maladie, énergie, denrées alimentaires, etc.), et tandis que la réserve conjoncturelle déborde et que la dette du Canton atteint un des niveaux les plus bas enregistrés depuis 10 ans, les Socialistes ont naturellement tenu leur position jusqu’au bout et tenté d’améliorer, par le biais de nombreux amendements, le texte issu des travaux de commission.

Hélas, mais sans grande surprise au vu de la position ultra-minoritaire des forces progressistes socialiste et verte au sein de l’hémicycle, ces propositions ont été balayées par la majorité composée du Centre, du MCG et de LJS (confirmant définitivement leur positionnement à droite de l’échiquier politique) et emmenée par le nouveau couple PLR-UDC.

Ces mêmes partis qui, majoritaires à Berne, définissent et maintiennent les conditions structurelles de l’augmentation des inégalités et de l’appauvrissement des classes populaires et moyenne, s’attachent dans le même temps à démanteler l’État social. On ne saurait mener politique plus irresponsable.

Du renforcement des blocs populistes prétendument «ni de gauche, ni de droite», d’aucuns arguaient l’obsolescence du traditionnel clivage «gauche-droite». Au Grand Conseil genevois, ce dernier semble au contraire n’avoir jamais été si prégnant.

Pour plus d’informations :

Grégoire Carasso
Député au Grand Conseil — Codirecteur des Cafés Carasso, Adjoint académique à l'Université de Genève
Caroline Marti
Députée au Grand Conseil, cheffe de groupe — Secrétaire générale du Groupement des coopératives d'habitation genevoises
Thomas Wenger
Député au Grand Conseil — Chargé de projets culture et durabilité

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