La population genevoise a accepté aujourd’hui à près de 58% l’initiative pour une contraception gratuite. Le comité unitaire salue une victoire majeure pour l’égalité, la santé sexuelle et reproductive et l’autonomie de chacune et chacun. Avec ce vote, Genève fait le choix de considérer enfin la contraception comme ce qu’elle est : une composante essentielle de la santé publique, et non un luxe que chacun-e devrait pouvoir se permettre.
Aujourd’hui encore, en Suisse, la contraception reste largement à la charge des individus. Pilule, préservatifs, contraception d’urgence, implants, anneaux, patchs ou dispositifs intra-utérins représentent des dépenses parfois importantes, auxquelles s’ajoutent les frais de consultation. Cette situation crée une inégalité très concrète : lorsque les moyens financiers manquent, certaines personnes renoncent à la méthode qui leur conviendrait le mieux, voire à toute contraception.
Le vote de ce dimanche permet de mettre fin à cette situation à Genève. La prise en charge publique de l’ensemble des méthodes contraceptives reconnues comme efficaces permettra à chacune et chacun de choisir la méthode la plus adaptée à sa situation, indépendamment de ses revenus. Les méthodes de longue durée, comme les implants ou les dispositifs intra-utérins, particulièrement efficaces mais coûteuses au départ, pourront notamment devenir plus accessibles. Cette victoire est aussi une victoire pour l’égalité entre les femmes et les hommes. Dans les faits, la responsabilité contraceptive et ses coûts reposent encore très largement sur les femmes.
Le comité unitaire remercie chaleureusement toutes les organisations, associations, professionnel-les de la santé, militant-es et citoyen-nes qui se sont engagé-es durant cette campagne, ainsi que toutes les personnes qui ont voté OUI. Cette victoire est le résultat d’une mobilisation collective qui aura permis de faire émerger une question trop longtemps laissée de côté dans le débat public.
Avec ce vote, Genève rattrape une partie de son retard en matière d’accès à la contraception et démontre qu’une politique de santé publique peut aussi être une politique d’égalité. Alors que la Suisse laisse encore largement les individus assumer les coûts de leur contraception, Genève choisit aujourd’hui une autre voie. Suite à l’intérêt national qu’a suscité cette campagne pour la contraception gratuite, nous ne doutons pas que d’autres cantons suivront prochainement cette voie.
Le comité unitaire appelle désormais les autorités cantonales à mettre en œuvre rapidement et pleinement la décision populaire. Le OUI d’aujourd’hui ne doit pas rester une déclaration de principe : il doit se traduire concrètement, pour chaque personne, par un accès simple, effectif et universel aux méthodes contraceptives.
Pour plus d’informations :
- Jacklean Kalibala, Parti socialiste genevois
- Ayari Felix, les Vert-e-s
- Julia Gosse, Union Populaire
- Iren Neeranzona Khan, Jeunes Vert-e-x-s
- Iris Gamond, Unia
- Laetitia Ammon, Les Femmes du Centre
- Sophie Demaurex, Parti socialiste genevois