Alors que l’Office fédéral de la santé publique annonce aujourd’hui une nouvelle hausse de 5% des primes d’assurance-maladie (au niveau national et de 4,4% à Genève), le PS genevois dénonce un système qui fait peser toujours davantage le coût de la santé sur les ménages. Face à cette situation devenue insoutenable, il faut sortir de la fuite en avant et reprendre collectivement la main sur notre système de santé.
Une nouvelle fois, les assuré-es découvrent que leur prime maladie augmente alors que les revenus stagnent. Cette mécanique est devenue insupportable. Elle résulte d’un système dans lequel les intérêts économiques privés et les lobbies des assurances exercent une influence considérable sur le Parlement fédéral et de nombreux législatifs cantonaux, tandis que les coûts sont reportés sur les individus et la collectivité.
Pour Jennifer Conti, députée socialiste et vice-présidente de la commission de la santé « Un-e Genevois-e sur quatre renonce à se soigner faute d’argent, pendant que des directeurs de caisses maladie touchent près d’un million de francs par an. Il faut réformer la LAMal en profondeur et remettre les patient-es au centre du système de santé. »
Le PS défend depuis longtemps une reprise en main publique du système de santé, aujourd’hui trop largement abandonné aux mécanismes du marché. Le système actuel encourage la concurrence entre acteurs et une bureaucratie considérable, sans garantir pour autant une meilleure santé de la population.
Cette reprise de contrôle doit avant tout se traduire dans le financement des primes. Le PS Suisse prépare une initiative visant à rendre les primes d’assurance-maladie proportionnelles au revenu. « Il s’agit de rompre avec l’injustice du système actuel des primes par tête, qui fait peser une charge proportionnellement beaucoup plus lourde sur les personnes disposant de revenus modestes ou moyens », déclare Cyril Mizrahi, coprésident du PS genevois.
Cette proposition s’inscrit dans la continuité du combat mené pour plafonner les primes à 10 % du revenu disponible. Rejetée au niveau suisse en juin 2024, cette initiative avait été acceptée à Genève.
À Genève, notre combat a déjà produit des résultats substantiels. Le Grand Conseil a adopté l’indexation des subsides d’assurance-maladie sur l’évolution des primes, permettant leur augmentation dès 2025. Cette avancée doit être défendue : le Conseil d’État propose désormais de supprimer cette indexation dès 2027. Lorsque les primes augmentent, les aides destinées aux personnes qui en ont besoin doivent suivre. Demander aux ménages modestes d’absorber seuls ces hausses n’est pas acceptable.
Le PS défend également une conception de la santé qui ne se limite pas à intervenir lorsque la maladie est installée. La victoire historique de ce dimanche sur la contraception gratuite en est une illustration concrète : Genève agit en faveur de la santé publique, de l’autonomie des personnes et de la prévention, tout en réduisant une dépense qui pèse directement sur les individus, en particulier les femmes.
Même logique pour les soins dentaires. En novembre 2025, l’initiative socialiste visant à améliorer leur accessibilité n’a été refusée qu’à 144 voix. Il reste incompréhensible que des soins essentiels à la santé bucco-dentaire ne soient généralement pas couverts par l’assurance-maladie obligatoire, alors que la prévention et l’intervention précoce permettent précisément d’éviter des problèmes de santé plus lourds.
Ces combats ont un point commun : prévenir plutôt que réparer, garantir l’accès aux soins plutôt que laisser les moyens financiers déterminer qui peut se soigner, et investir dans la santé plutôt que dans la bureaucratie et la recherche de rentabilité. C’est dans cet esprit que doit être évalué le projet de caisse publique cantonale porté par le Département de la santé et des mobilités. S’il permet effectivement de renforcer la prévention et la transparence, de réduire les coûts administratifs et de donner à la collectivité davantage de moyens d’agir, il pourra constituer une première étape.
Selon Amanda Gavilanes, coprésidente du PS genevois « ce n’est pas aux assuré-es de passer leur temps à chercher comment survivre à leur assurance-maladie. C’est au système de santé de garantir à chacune et chacun l’accès aux soins dont il ou elle a besoin. » Face à une nouvelle hausse des primes, l’urgence n’est donc plus seulement de trouver comment payer davantage : elle est de changer un système qui produit cette fuite en avant. Le PS genevois continuera à défendre une reprise en main publique de la santé, une meilleure solidarité dans son financement et un système qui place enfin les besoins de la population avant les intérêts économiques.
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