Que le voile puisse, dans certains contextes, être imposé et être un outil de négation des droits des femmes, nous le condamnons et nous nous battons avec elles. Que la sexualisation des corps des femmes soit toxique et dangereuse pour leur santé (pensons au dossier Epstein), nous le condamnons et nous nous battons avec elles. Mais quand les femmes choisissent de nager, quelle liberté! Ne leur faisons pas l’affront de leur ordonner de dénuder leurs bras. Une majorité du Grand Conseil veut pourtant interdire l’utilisation du burkini dans nos piscines. Quelle absurdité pourtant de prétendre défendre la liberté des femmes en légiférant sur leurs corps! Ce projet de loi sexiste et discriminatoire nie la capacité de choix et d’autodétermination des personnes portant le burkini.
Si la majorité a modifié son projet sur le siège, se rendant compte qu’elle était allée trop loin (le projet proposait d’abord de faire du port du burkini une infraction pénale), ce projet de loi demeure contraire aux droits humains.
Le Conseil d’État a donc refusé de demander le 3ème débat, ce qui suspend pour un mois le vote final sur cette loi. Espérons que cela permettra à la majorité de revenir à la raison…