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Loi climat : les député-es de droite jouent à 1-2-3 soleil

Cet été a été chaud. Très chaud. Les glaciers fondent et la photo d’un Cervin sans manteau blanc, fin septembre, a choqué. L’ONU alerte : d’ici 2050, un tiers de la population mondiale sera confronté à un stress hydrique, et jusqu’à 132 millions de personnes pourraient basculer dans la pauvreté d’ici 2040 .

Pourtant, à Genève, la droite du Grand Conseil joue à 1-2-3 soleil avec la loi climat : à chaque tentative d’avancée, le texte retourne à la case départ.

Rappel des faits : fin 2022, le Conseil d’État présente ce projet, après le vote quasi unanime de l’urgence climatique en 2019, sous la pression de jeunes en colère et inquiet-es. Aujourd’hui, la loi n’est toujours pas votée. Et si elle l’était, ça changerait quoi ?

C’est une « loi cadre » : un texte contraignant auquel toutes les politiques publiques devront se conformer. Le projet initial fixe des objectifs chiffrés : réduire d’au moins 60 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 par rapport à 1990, puis atteindre la neutralité carbone en 2050. Le climat deviendrait une contrainte pour tous les départements, de l’aménagement à la santé, en passant par l’économie ou encore la formation.

Concrètement ? Rénovation énergétique des bâtiments, énergies renouvelables et solaire, plus de transports publics, de vélo et de marche, moins de déplacements individuels motorisés, plus de verdure et de sols perméables contre les canicules et les pluies intenses, sans oublier des mesures pour faire face aux inégalités dues au dérèglement. Un Conseil du climat et de la durabilité et une concertation avec les entreprises, les communes et la société civile accompagneraient la démarche.

Mais la majorité de droite (LJS, MCG, Le Centre, PLR, UDC) n’en veut pas. Elle a d’abord refusé le texte en commission. Un compromis a ensuite été négocié par le magistrat de l’époque avec la coalition climat, les syndicats et les milieux économiques. Renvoyé en commission, le texte a été refusé à nouveau, sans que l’amendement soit même étudié. Rebelote : 1-2-3 soleil.
Cette loi pose un cadre pour les avancées futures, plus durable et contraignant qu’un simple Plan climat. Le financement des mesures dépendra lui toujours de lois d’investissement ou sectorielles.

Il serait temps : en janvier 2024, j’écrivais dans mon rapport de minorité que 2023 avait été la deuxième année la plus chaude en Suisse, puis 2024, 2025 lui ont emboité le pas. 2026 semble suivre le même chemin…

Photo: meteosuisse

Léna Strasser
Députée au Grand Conseil — Vice-Présidente du PS genevois

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