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Pour une politique de sécurité de gauche

La sécurité est un droit fondamental pour l’ensemble de la population. Elle est aussi un enjeu social : les personnes qui disposent du moins de ressources sont souvent les plus exposées aux violences, aux trafics et à l’insécurité.

La gauche ne peut ni minimiser cette préoccupation, ni abandonner la sécurité à la droite et à l’extrême droite. La critique de l’action policière est légitime et nécessaire dans une démocratie. Mais le dénigrement systématique de la police ne l’est pas. En donnant le sentiment de considérer la police comme intrinsèquement suspecte, la gauche affaiblit son propre discours sur la sécurité et laisse à la droite le monopole de la défense de l’ordre et de la protection de la population.

Or la gauche qui exerce des responsabilités doit assumer la réalité du pouvoir. Lorsqu’une personne est victime d’une agression, lorsqu’un trafic s’installe ou lorsqu’un crime est commis, il ne suffit pas d’en dénoncer les causes sociales : il faut aussi protéger, intervenir, enquêter et faire appliquer la loi.

La police est un service public. Elle protège, secourt, prévient les violences et enquête sur les infractions. La gauche doit donc la considérer comme un outil de protection de la population. Soutenir la police ne signifie pas soutenir chacune de ses actions : on peut défendre une institution et exiger qu’elle soit soumise à un contrôle démocratique exigeant et indépendant.

Le Parti socialiste ne doit pas laisser la droite définir ce que signifie « soutenir la police ». La droite veut faire de la police un outil au service des privilégié-es. Elle vise à faire de la police la réponse à des problèmes qu’elle crée elle-même et qui relèvent de la pauvreté, du logement, de la santé ou de l’exclusion. Nous devons nous opposer à toute proposition visant à criminaliser la pauvreté. Mais refuser celle-ci ne signifie pas refuser la police. Les habitantes et habitants des quartiers populaires ont elles et eux aussi droit à la sécurité. Il ne faut pas opposer sécurité et justice sociale.

Nous voulons une police forte, professionnelle, proche, efficace, respectueuse des droits fondamentaux et contrôlée démocratiquement. Le contrôle n’est pas une défiance : il est la contrepartie nécessaire du pouvoir que la société confie à la police.

Nous ne voulons pas moins d’État : nous voulons un État qui protège mieux. Notre objectif n’est ni une police toute-puissante, ni une police affaiblie, mais une police efficace et démocratique, au service de toutes et tous, sans privilèges.

Carole-Anne Kast
Conseillère d'Etat — Chargée du Département des institutions et du numérique (DIN)

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