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Non à la spéculation immobilière et aux logements trop chers à Seymaz-Sud !

Le 29 novembre prochain, la population genevoise sera appelée à se prononcer sur le déclassement de Seymaz-Sud, à Chêne-Bourg, en zone 3 ordinaire. Le secteur, situé à proximité immédiate de la gare du Léman Express, est depuis longtemps identifié comme un périmètre à densifier.

Construire du logement à Genève est une nécessité : la demande de logement est forte, et la population a du mal à trouver des appartements à des prix abordables, tant locatifs qu’en PPE.

Toutefois, la loi de déclassement de Seymaz-Sud votée par le Grand-Conseil ne répond pas à cet objectif : un déclassement en zone ordinaire, contrairement à la zone de développement utilisée habituellement pour la création de nouveaux quartiers, est un cadeau fait aux promoteurs et à la spéculation immobilière.

En effet, la zone ordinaire ne répond pas aux règles de la loi générale sur les zones de développement (LGZD), indispensables surtout en période de pénurie de logement :

  • aucun contrôle des loyers ni des prix de vente des appartements par l’État. Sans ce contrôle, les
  • logements seront environ 40 % plus chers qu’en zone de développement.
  • pas de création obligatoire de logements abordables ou d’utilité publique (HBM, HLM, HM). Une répartition des catégories de logements en « 3 tiers » (1/3 LUP, 1/3 ZDLoc, 1/3 libre) a pourtant été acceptée par le Grand Conseil en 2020.
  • pas de taxe d’équipement, et donc aucune participation des promoteurs à la création d’équipements publics. C’est un problème majeur pour la Commune de Chêne-Bourg, car financer ces équipements est nécessaire pour accompagner la densification du secteur.
  • pas de plan localisé de quartier (PLQ), et donc une absence de contrôle démocratique et une conception urbanistique désordonnée.

Seymaz-Sud représente un secteur stratégique, mais aussi un territoire complexe, morcelé et à proximité de la Seymaz, de la gare et d’équipements publics. C’est précisément dans ce type de situation qu’une planification d’ensemble est nécessaire.

Sans PLQ, le risque est celui d’une urbanisation au coup par coup : des bâtiments conçus indépendamment les uns des autres, des espaces publics insuffisants, des accès mal coordonnés et une qualité urbaine qui dépendrait davantage des opportunités de chaque propriétaire que d’une vision collective du futur quartier.

A noter que la Commune de Chêne-Bourg, qui était pourtant à l’origine de l’intention du premier déclassement prévu en zone de développement 4A, s’est opposée à la loi finalement votée par le Grand Conseil en zone ordinaire.

Après avoir tenté un déclassement en zone ordinaire il y a quelques années dans le secteur des Corbillettes à Vernier, auquel la gauche s’était opposée avec succès, la droite du Grand Conseil tente à nouveau le coup à Seymaz-Sud, en ne tenant aucun compte de la volonté populaire exprimée lors du vote de l’IN162 « Construisons des logements pour toutes et tous » en 2019. Cette initiative demandait qu’en période de pénurie (telle qu’on la connaît actuellement), les déclassements ne se fassent qu’en zone de développement !

Ainsi encore une fois, les genevoises et les genevois devront rappeler le 29 novembre leur refus de laisser les milieux immobiliers se servir de leurs relais au Grand Conseil pour faire de la spéculation et s’enrichir, au détriment des besoins de la population en logements abordables et de la qualité des futurs quartiers.

Nicolas Clémence
Député suppléant au Grand Conseil

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