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Écouter la base

Écouter la base. Cela paraît évident, presque banal. Pourtant, c’est l’un des exercices les plus exigeants de la vie d’un parti. Écouter, ce n’est pas seulement entendre celles et ceux qui parlent le plus fort. C’est aller chercher ce qui remonte de nos sections, de nos militant-es, des quartiers, des communes. Et c’est aussi accepter que ce que l’on entend ne coïncide pas toujours avec ce que l’on avait prévu.

Notre force est là. Dans la voix de nos militant-es, dans nos sections, dans cette proximité avec les gens qui nous permet de voir émerger des préoccupations, souvent bien avant qu’elles ne remontent dans le débat institutionnel. Un parti sans base n’est pas vraiment un parti, mais une structure vide qui parle à la place des autres.

Ces dernières semaines, le PS genevois a su montrer concrètement qu’il sait écouter sa base. Sur le financement de la 13e rente AVS par la TVA, qui sera soumis au vote populaire le 29 novembre prochain, notre Assemblée générale a choisi une autre voie que le PS suisse. Non par goût de la confrontation, mais parce qu’à Genève beaucoup ont estimé qu’une hausse de la TVA faisait peser une part trop importante de l’effort sur celles et ceux qui disposent du moins de marge. Leur voix a été écoutée.

Ce désaccord ne nous divise pas nécessairement. Au contraire, il dit quelque chose de la vitalité de notre parti. Notre histoire s’est construite autour des valeurs solides et des combats communs. Cela doit justement nous donner la liberté de discuter, parfois de contester, de nous donner le courage d’argumenter de manière différente lorsque nous pensons que la réalité du terrain nous oblige à regarder une question autrement. Car s’il est relativement facile de se positionner face à un adversaire politique, il est beaucoup plus difficile d’assumer d’être en désaccord avec des camarades. Mais ce désaccord fait aussi partie de la pluralité qui nous caractérise et qui fait notre richesse.

À l’approche des prochaines votations et des échéances électorales qui suivront, c’est notre capacité d’écoute qui comptera le plus. Et c’est aussi dans cet esprit que Postscriptum évolue. Une nouvelle rubrique, « La parole aux sections », donnera directement la plume aux sections elles-mêmes, pour faire entendre ce qui se vit sur le terrain, leurs débats, leurs priorités, en bref leurs réalités.

C’est avec cette volonté d’écoute que je prends aujourd’hui mes fonctions de rédactrice en chef du Postscriptum. Dans ce numéro nous avons voulu donner une voix à la richesse de notre parti. Alors, camarades, bonne lecture.

Maria Cristina Veri
Rédactrice en cheffe du journal Postscriptum

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