Les milieux immobiliers cherchent toujours de nouveaux prétextes pour résilier les baux. À Carl-Vogt, aux Augustins et à la Servette, des résiliations collectives sous couvert de travaux menacent des dizaines de foyers. L’Asloca se bat aux côtés des locataires pour empêcher l’importation à Genève des congés de masse qui ont privé près de 15’000 foyers de leur logement à Zurich en 5 ans. Notre mobilisation a mis la pression sur le Département du territoire, ouvrant des négociations en cours, et durci les pratiques de l’État.
Avec la loi 13025, les milieux immobiliers tentent un nouveau tour de passe-passe : autoriser les ventes à la découpe d’immeubles locatifs en prétendant vouloir permettre aux locataires d’acheter leur appartement. Mais soyons clairs : cette loi ne donne aucun droit d’achat au/à la locataire. Seul-e le/la propriétaire décide de vendre, et à qui.
Or, vendre appartement par appartement plutôt que l’immeuble entier démultiplie les profits des spéculateurs. La loi actuelle limite strictement ces ventes, ce qui a mis fin aux abus des années 1980. Vu la pénurie et la spéculation actuelles, un assouplissement serait aujourd’hui dévastateur.
Les défenseur-euses du texte promettent des garde-fous. Ce n’est que de la poudre aux yeux ! L’obligation d’habiter 3 ans le logement avant la vente ne fait que retarder le moment du congé-vente. De la même manière que les assureurs partent à la chasse aux bons risques, les bailleurs partiront à la chasse aux « bons locataires », celles et ceux qui ont les moyens financiers pour acheter. Ils remplaceront les locataires en place, après avoir vu leurs baux résiliés sous divers prétextes, comme un congé-rénovation… Alternativement, les bailleurs proposeront aux locataires des baux non renouvelables de 3 ans, comme le fait déjà Zurich Assurances : au terme, le/la locataire n’aura d’autre choix que d’acheter ou de partir.
Le contrôle du prix de vente ne durera que 5 ans, avant de laisser libre cours à la spéculation et à l’augmentation générale des loyers. De plus, seront particulièrement visés les appartements ayant des baux plus anciens avec des loyers abordables. Les bailleurs pourront vendre des vieux logements à un montant plafonné au prix du neuf.
Nous avons déjà bloqué à de nombreuses reprises les tentatives incessantes des milieux immobiliers d’autoriser les congés-ventes : en 2005, refus en votation de la loi 8660 du PLR, en 2016 refus en votation de la loi 11408, projet du ténor de l’aile immobilière du MCG
R. Zacharias, et refus en 2023 par le Grand Conseil de la loi 12278 du même député. Le PLR revient à la charge avec la 13025.
Sous couvert d’accession à la propriété, ce projet démantèle le parc à loyer modéré et expulse ses locataires, au seul profit des milieux immobiliers. Mobilisons-nous : encore un NON aux attaques spéculatives sur nos toits !