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Rapport Zuin : inadmissible !

Il y a moins de deux ans, Nathalie Fontanet promettait à la population que Genève pouvait se permettre une énorme baisse d’impôt et que cela n’affecterait pas les prestations. Revirement complet en 2026 : Genève connaitrait une « crise des dépenses » et il faudrait d’urgence une forte cure d’austérité.

Des éléments factuels contredisent pourtant cette version. Nous pouvons citer à titre d’exemples les comptes 2025 qui sont à l’équilibre ou encore le niveau de la dette qui est tout à fait sous contrôle.

Au-delà de ça, quand la droite parle d’une « crise des dépenses », il s’agit de sortir de la logique de petit comptable : les augmentations de charges correspondent à des besoins effectifs. Il est difficile d’agir directement sur certains facteurs (ex. : le vieillissement de la population) et d’autres résultent de volontés politiques positives clairement exprimées (ex. : la gratuité des transports publics pour les jeunes).

Pourtant, d’autres facteurs proviennent d’effets négatifs de politiques délibérément décidées par la droite. En premier lieu, l’augmentation de la précarité directement liée aux dérégulations des marchés locatif ou de la santé. S’attaquer aux charges plutôt qu’aux causes revient à lutter contre les « pauvres » plutôt que contre la précarité.

Dans cette optique, le Conseil d’État a commandé un rapport à un groupe d’expert-es pour 150’000 francs. Il leur a été demandé de rechercher des idées d’économies à travers tout l’État. Avant même de se pencher sur les résultats, la méthodologie est déjà très douteuse. En effet, d’éventuelles coupes doivent faire l’objet de choix politiques et le recours à des « expert-es » externes démontre soit un manque de connaissance et de contrôle des départements soit un manque de courage politique de la part du Conseil d’État.

L’appel à des « dénonciations » anonymes d’économies par les cadres est aussi à dénoncer. L’exclusion des fonctionnaires de base de l’enquête démontre le côté vertical et l’absence d’envie d’améliorer l’administration.

Dans les résultats, de nombreuses mesures se révèlent insupportables (ex. : chambres à deux en EMS), refusées très récemment par la population (ex. : hausse des tarifs TPG) ou encore inapplicables (ex. : l’adaptation des aides sociales au taux d’occupation), ces conclusions étant d’ailleurs cumulatives. Le Conseil d’État a déjà purgé environ un quart des mesures et de nombreux calculs paraissent peu crédibles.

D’une manière générale, le rapport est très marqué politiquement et avait été suivi (donc probablement orienté) par des hauts cadres du Département des finances. Ce parti pris dépasse largement le fait que des mesures d’austérité seraient de droite : des secteurs entiers ont été purement délaissés. On peut penser à la fiscalité des ultra-riches, qu’aucune mesure n’effleure (à l’exception d’un abstrait renforcement des contrôles fiscaux). L’inique bouclier fiscal a encore de beaux jours devant lui malgré le scandale vaudois.

De même, la fonction publique est grossièrement attaquée. Le biais du rapport devient caricatural quand on constate que, par exemple, les enseignant-es sont particulièrement ciblé-es alors que la police est très largement épargnée.

Face à l’absence de nécessité et à la grossièreté des attaques frontales de la fonction publique et des prestations à la population, le groupe socialiste se battra fermement face à ce rapport Zuin et à toutes ses tentatives de concrétisation politique.

Matthieu Jotterand
Député au Grand Conseil, Chef de groupe — Mécanicien de locomotive

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