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La contraception gratuite mais pas pour toutes et tous !

Jacklean Kalibala et Sophie Demaurex
Députées au Grand Conseil

L’accès à la contraception moderne renforce le pouvoir décisionnel et l’autonomie des femmes, aussi bien à titre professionnel, personnel qu’au sein du ménage. Tous les experts des domaines de la santé et des politiques publiques s’accordent pour dire que l’accès à la contraception doit être garanti. Pourtant, la Suisse est largement en retard sur ces questions, car la contraception coûte cher et elle n’est pas couverte par l’assurance-maladie. De plus, la quasi-totalité des frais liés à la santé sexuelle et reproductive sont pris en charge par les femmes seules. Cette initiative nous donne donc l’occasion d’améliorer la santé sexuelle et reproductive des Genevoises et des Genevois sans discrimination.

Dans son rapport, le Conseil d’État met en doute les économies que l’on peut attendre de la prise en charge généralisée de la contraception. Pourtant, les données scientifiques existent, la contraception est reconnue comme un moyen de prévention efficace et rentable. Le Conseil d’État nous propose donc de refuser l’initiative et de régler les problèmes d’accès à la contraception avec un contre-projet (CP) qui rendra la contraception gratuite pour la population des 15-25 ans. Il semblerait que pour le Conseil d’État, soit le sexe et le risque d’infection s’arrête à 25 ans, soit la charge financière du coût de la contraception ne pèse plus après 25 ans, soit encore que les hommes ne soient pas concernés par la question quel que soit leur l’âge.

Il est évident que cette proposition, passe complètement à côté des principes de base de l’initiative. Même si la population des 15-25 ans est intéressante, l’âge n’est pas le seul facteur de limitation d’accès à la contraception. De plus, la population ciblée ne semble inclure que les femmes. La proposition ne fait rien pour rééquilibrer les inégalités hommes-femmes en matière de fardeau de la contraception.

Pour finir, après quelques interventions confuses et mal informées sur les préservatifs et l’incitation des jeunes aux rapport sexuels, le Grand conseil a refusé l’initiative et voté oui au principe d’un CP. Il restera donc un an au Grand conseil pour revenir avec un contre-projet avant de remettre l’initiative et le CP en votation devant le peuple.

Pour le parti socialiste, un contre-projet sur cette base n’est pas acceptable.

Il ne s’agit pas d’offrir un planning familial+, il s’agit de garantir l’accès à la contraception et surtout à la contraception la plus adaptée, sans barrière financière et de partager le poids financier qui pèse uniquement sur les femmes. 

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