Imaginons une personne qui habite à Cologny et travaille toute la journée en Ville de Genève, profitant des services publics urbains (routes, transports publics, etc.). À midi, elle profite de sa pause pour faire des longueurs dans une piscine publique, ou un jogging dans un parc municipal. Après le travail, elle se détend dans un lieu de culture subventionné par la ville. Le week-end, elle se trouve rarement à Cologny et préfère profiter de prendre un peu de hauteur au chalet.
Dans la situation actuelle, cette personne paie 80 % de ses impôts en Ville de Genève (lieu de travail) et 20 % à Cologny (domicile). Cela s’explique par le fait que les communes qui concentrent les places de travail sont aussi celles qui offrent le plus de prestations à la population, y compris aux habitant-es des autres communes. C’est aussi une mesure de justice fiscale élémentaire puisque les communes urbaines font face aux défis les plus complexes, notamment en termes de précarité, d’aménagement du territoire, ou encore d’écologie.
Or, l’IN « j’y vis j’y paie » propose que l’imposition soit perçue sur le seul lieu de domicile, sans rééquilibrage des recettes entre les communes. Dans cette configuration, la Ville de Genève perdrait 48 millions de francs et Cologny gagnerait 5 millions. Chêne-Bougeries gagnerait presque 10 millions, alors que Lancy, Vernier et Meyrin perdraient respectivement 11, 6 et 5 millions. Il est donc impératif de s’opposer à cette initiative. Le contreprojet prévoit lui aussi de fixer le principe de l’imposition sur le lieu de domicile, en ajoutant une refonte de la péréquation à l’horizon 2029, dont il est certain qu’elle n’atténuera pas les inégalités causées par cette loi.
« J’y vis, j’y paie » et son contreprojet ne constituent qu’un immense hold-up au profit des riches communes suburbaines. Ils permettraient à des communes gouvernées à droite de baisser encore leurs centimes additionnels, tandis que les grandes villes où la présence de la gauche est plus marquée devront augmenter leurs impôts. La droite se paierait le luxe de présenter les communes de gauche comme des enfers fiscaux, alors qu’elle met tout en œuvre pour assécher leurs comptes.
Les Socialistes vous encouragent à voter 2 fois NON à cette initiatives et à son contreprojet. À la question subsidiaire, nous vous invitons à choisir le contreprojet, qui s’il est tout aussi dangereux que l’initiative, reste le moindre de deux maux.