L’initiative «Pour que les jobs d’été continuent à exister à Genève» propose une dérogation au salaire minimum légal pour les jobs étudiants durant les périodes de vacances. Jusqu’à 60 jours par an, les employeur-euses pourraient rémunérer les étudiant-es à un salaire réduit à 75% du seuil légal. Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de la droite, qui attaque par tous les côtés le salaire minimum voté par la population en 2020. Le salaire minimum n’est pas minimum pour rien, c’est le plus petit montant possible afin de vivre dignement. Dans une Genève où tout augmente, personne ne peut vivre dignement avec un revenu incomplet. Une dérogation comme celle proposée ici est une brèche dans le salaire minimum légal : si elle est avalisée, ça ne sera certainement pas la dernière.
Le texte vise les étudiant-es, une catégorie de la population déjà précaire. Pour beaucoup, ces jobs ne sont pas un bonus mais une nécessité: 73% des étudiant-es travaillent à côté de leurs études. La droite affirme que payer correctement les jeunes empêcherait leur engagement. Aucune étude sérieuse ne le montre. L’introduction du salaire minimum n’a pas fait disparaître les jobs étudiants et l’emploi est resté stable.
Déroger au salaire minimum poursuit un objectif clair: fournir au patronat de la main-d’œuvre bon marché en affaiblissant progressivement une protection salariale conquise démocratiquement. Une attaque comme celle-ci ouvre la voie à d’autres reculs. Pour les Socialistes, voter NON, c’est protéger les jeunes et garantir un salaire décent pour toutes et tous.