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La droite organise le déficit pour imposer l’austérité

À quelques jours de la présentation des mesures d’économie issues du rapport Zuin et alors que le Conseil d’État annonce un budget 2027 qui connaîtra probablement de fortes coupes et un large déficit, la majorité de droite de la commission fiscale du Grand Conseil a voté une baisse de 20 % de l’impôt sur la fortune. Cette décision ferait perdre entre 130 et 150 millions de francs par année au canton et environ 40 millions aux communes. Le Parti socialiste s’oppose fermement à cette proposition scandaleuse.

Des cadeaux fiscaux pour les plus riches, des coupes pour la population

Depuis des mois, la droite répète que Genève n’aurait plus les moyens de financer ses politiques publiques. Elle réclame des coupes dans les prestations et la fonction publique. Mais lorsqu’il s’agit des contribuables les plus fortunés, l’austérité disparaît.

« La droite ne peut pas prétendre que les caisses sont vides tout en décidant elle-même de les vider. Elle organise artificiellement le déficit pour justifier ensuite des coupes qui frapperont la majorité de la population », dénonce Amanda Gavilanes, coprésidente du Parti socialiste genevois.

Ce vote intervient alors que le Conseil d’État doit annoncer les mesures du rapport Zuin qu’il entend retenir. Parmi les pistes évoquées figurent notamment des réductions de prestations et le plafonnement des subsides d’assurance-maladie. La droite veut ainsi faire payer davantage les ménages tout en accordant un nouveau cadeau fiscal aux plus grandes fortunes.

Le prétendu exode fiscal n’existe pas

Contrairement au récit de la droite, Genève ne connaît pas de fuite des grandes fortunes : entre 2017 et 2023, le nombre de contribuables possédant plus de 50 millions de francs est passé de 267 à 380, soit une augmentation de 42 %.

« Les grandes fortunes ne quittent pas Genève, elles y sont toujours plus nombreuses. Sacrifier jusqu’à 150 millions de francs par année n’est pas une mesure d’attractivité, mais un choix idéologique en faveur des plus riches », souligne Cyril Mizrahi, coprésident du Parti socialiste genevois.

Un chantage politique inacceptable

Le PLR reconnaît que ce vote constitue un moyen de pression : cette baisse d’impôt pourrait être « mise au frigo » si la gauche acceptait de discuter de nouvelles réductions de charges. Autrement dit, soit la gauche accepte de couper dans les prestations, soit la droite creuse davantage le déficit.

« Les prestations à la population ne sont pas une monnaie d’échange. Le groupe socialiste refuse ce chantage et fera tout pour empêcher l’adoption de cette proposition irresponsable en séance plénière », affirme Matthieu Jotterand, chef du groupe socialiste au Grand Conseil.

Le Parti socialiste genevois combattra cette baisse d’impôt au Grand Conseil. Si la droite devait l’imposer, il lancera le référendum nécessaire pour que la population ait son mot à dire. La droite ne peut pas, d’une main, sabrer dans les prestations essentielles à la population et, de l’autre, accorder toujours davantage de privilèges aux plus fortuné-es.

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