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Plan d’économies: la facture des baisses d’impôts se confirme

Le Conseil d’État a réagi hier à la publication du rapport du groupe de pilotage chargé d’élaborer des pistes d’économies à hauteur de 500 millions de francs (ECOGE). Si l’exécutif a annoncé écarter quelques-unes des mesures les plus explosives, la grande majorité des coupes proposées demeure sur la table.

Sur les 77 mesures proposées par le groupe de pilotage, seules 17 sont écartées à ce stade. Les 60 restantes feront l’objet d’analyses complémentaires avant d’être, le cas échéant, intégrées au projet de budget 2027 et mises en œuvre. L’essentiel du programme d’économie demeure donc sur la table.

Le Parti socialiste genevois prend acte du retrait de plusieurs propositions qui auraient directement pénalisé la population et le personnel des services publics. Il se réjouit notamment de l’abandon des mesures visant à supprimer la gratuité des TPG pour les moins de 25 ans et le demi-tarif pour les bénéficiaires AVS, à remettre en cause certaines protections du personnel de l’État ou encore à dégrader les conditions de vie des personnes résidant en EMS.

Les Socialistes saluent également le maintien des investissements directs aux HUG ainsi que de la garantie de déficit de l’État, qui permettent d’éviter, à ce stade, un affaiblissement supplémentaire du système de santé public. D’autres propositions particulièrement contestées sont également abandonnées, comme la suppression du Service de la recherche en éducation (SRED), l’indexation de la taxe personnelle au coût de la vie ou encore la réduction du Conseil d’État à cinq membres.

Pour autant, le PS genevois n’est pas dupe. En abandonnant les mesures les plus embarrassantes politiquement – parce que symboliquement fortes et immédiatement visibles – le gouvernement tente d’apaiser la légitime colère populaire et d’affaiblir la mobilisation. La grande majorité des propositions demeure à l’étude et pourrait être intégrée aux prochains budgets. Or, comme le souligne Amanda Gavilanes, coprésidente du Parti socialiste genevois, « Une politique budgétaire ne se résume pas à une colonne de dépenses. Derrière chaque prestation remise en cause, il y a des Genevoises et des Genevois qui en dépendent au quotidien. »

Les déclarations de Nathalie Fontanet soulèvent en outre des questions sur la solidité du rapport ECOGE. Alors que celui-ci était censé identifier 500 millions de francs d’économies, le Conseil d’État reconnaît désormais que plusieurs chiffrages ne sont pas aboutis, que certaines mesures se chevauchent et que leurs effets financiers doivent encore être précisés par l’administration. Un aveu qui confirme le caractère largement spéculatif de nombreuses propositions contenues dans le rapport et interroge sur sa qualité.

Le projet de la majorité gouvernementale reste pourtant celui d’un affaiblissement progressif de l’État, de ses missions et de sa capacité à répondre aux besoins de la population, à travers un transfert croissant de charges vers les communes et les ménages. Du non-remplacement d’une partie des départs à la retraite aux multiples réductions de subventions en passant par des transferts de charges massifs vers les communes et des baisses de prestations sociales tous azimuts (subsides d’assurance-maladie, prestations complémentaires, etc.), les combats s’annoncent nombreux et difficiles.

Pour le Parti socialiste, cette orientation est d’autant plus préoccupante qu’elle intervient après plusieurs décisions ayant réduit les recettes de l’État. Les annonces du jour confirment ce que nous dénonçons depuis longtemps : la facture des baisses d’impôts revient aujourd’hui sous la forme de coupes dans les prestations publiques. Comme le dit Matthieu Jotterand, chef de groupe socialiste au Grand conseil, « Le Conseil d’État retire quelques-unes des mesures les plus contestées, mais il maintient l’essentiel du projet. Contrairement à ce qu’affirmait la majorité de droite, ce sera donc bien à l’ensemble de la population de supporter le coût des cadeaux fiscaux octroyés aux plus riches de ce canton. »

Le PS genevois appelle donc toutes les forces progressistes à rester pleinement mobilisées face à cette attaque en règle contre les services publics et l’État social. Se référant à une proposition absurde, non chiffrée et antidémocratique du rapport, Cyril Mizrahi, coprésident du PS genevois souligne enfin que, dans l’intervalle, « Les député-es disposant encore de la possibilité de déposer des projets de lois, le groupe socialiste au Grand Conseil formulera ses propres propositions, pour un projet de société radicalement opposé : celui d’une société plus juste et plus solidaire. »

Pour plus d’informations :

  • Matthieu Jotterand, chef du groupe socialiste au Grand Conseil
  • Amanda Gavilanes, coprésidente du PS genevois
  • Cyril Mizrahi, coprésident du PS genevois
Thématiques associées: Services publics et droits sociaux

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