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La droite veut moins de logements bon marché!

Revenant sur l’accord politique conclu dans le domaine du logement en 2020 prévoyant qu’on construit en zone de développement pour tous les besoins de la population, ainsi que sur deux votations populaires concernant le PAV, dont la dernière a eu lieu il y a deux ans à peine, la majorité de droite du Grand Conseil s’en prend aux logements subventionnés les plus abordables. Le PS dénonce un vote scandaleux et se prépare au référendum.

Les Genevoises et les Genevois seront certainement ravi-es de l’apprendre: il y aurait, à Genève, trop de logements bon marché ! On pourrait croire à une mauvaise blague, mais c’est bel et bien la vision qu’a imposée ce soir la majorité de droite au Grand Conseil. Emmenée par Le Centre et profitant d’un retournement de veste du MCG, cette majorité a adopté un projet de loi qui vise à réduire la part de HBM (habitations bon marché) construits dans les nouveaux quartiers et dans le secteur Praille-Acacias-Vernets (PAV).

Destinés aux personnes à revenus très modestes, les HBM constituent le socle de la politique sociale du logement dans notre canton. Les immeubles concernés offrent des loyers particulièrement bas.

La loi impose aujourd’hui un minimum de 16,5% de HBM parmi les nouveaux logements construits en zone de développement et de 24% s’agissant spécifiquement des terrains publics du futur quartier PAV. Un taux plus élevé dans le PAV se justifie par le fait que la loi ne concerne que les terrains publics. Sur les terrains en mains privées, aucun HBM ne sera en effet construit, puisque les marges de profits y sont réduites. Si la révision votée ce soir par les représentant-es des milieux immobiliers au Grand Conseil devait entrer en vigueur, ces seuils planchers deviendraient un seul et même plafond de 16,5%. Cela signifie qu’à l’avenir, certains quartiers pourraient être réalisés sans aucun HBM!

Pourtant, les objectifs fixés dans la loi sont loin d’être atteints. Parmi les nouveaux logements construits en 2023, seuls 11% étaient des HBM. En 2024, cette part chutait même à 4,26%. Les mêmes années, on construisait 15%, respectivement 17% de logements en propriété par étage (PPE), des logements réservés à la vente que seule une minorité fortunée peut se payer.

Au total, à la fin de l’année 2025, les HBM ne représentaient ainsi que 5,2% des logements du canton et pris dans leur ensemble, les logements d’utilité publique (LUP) atteignaient péniblement 12,2% du parc locatif, là où la loi en prescrit 20% pour répondre aux besoins prépondérants de la population. Au cours de la même période, le nombre de personnes dépendantes de l’aide sociale a explosé (+40% en 3 ans) et les loyers sur le marché libre ont continué leur inexorable ascension, de sorte qu’aujourd’hui, plus de la moitié de la population n’a pas les moyens financiers de payer les loyers du marché.

Dans ce contexte, prétendre défendre «la mixité sociale dans nos quartiers» en réduisant la part de logements destinés aux plus précaires, là où elle ne suffit même pas à répondre aux besoins actuels, est un acte de pur mépris des partis bourgeois pour toutes les personnes qui, dans notre canton, ne peuvent simplement plus se loger sur le marché libre.

Si les auteurs du projet de loi, qui poussaient le cynisme jusqu’à vouloir cantonner les bénéficiaires de l’Hospice général aux seuls HBM (à l’exclusion des autres catégories de logements subventionnés) y ont finalement renoncé, le projet tel que voté ce soir n’en constitue pas moins un véritable scandale démocratique.

Finalement, le peuple a, par deux fois, exprimé son soutien à la clé de répartition prévue sur les terrains publics en zone de développement dans le PAV. Revenir dessus unilatéralement 2 ans après le dernier vote revient à piétiner la volonté populaire. Le faire en diminuant le nombre de logements accessibles aux plus précaires au nom de la défense de la classe moyenne est une honte.

Le PS ne laissera pas passer ce nouveau coup de canif dans le contrat social et se prépare d’ores et déjà au référendum.

Pour plus d’informations :

  • Caroline Renold, commissaire socialiste au logement et autrice du rapport de majorité (devenue minorité)
  • Caroline Marti, commissaire socialiste au logement
  • Matthieu Jotterand, chef du groupe socialiste au Grand Conseil
  • Cyril Mizrahi, coprésident du PS genevois
Thématiques associées: Aménagement , Logement , Social

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