Face aux retards massifs et inacceptables dans le versement des indemnités de chômage, causés par le déploiement chaotique d’un nouveau système informatique fédéral, les Vert-e-s et le Parti socialiste, par l’intermédiaire des député-es Dilara Bayrak et Romain de Sainte Marie, ont déposé une motion au Grand Conseil genevois. L’objectif est clair : empêcher que des milliers de personnes ne basculent dans la précarité pour des dysfonctionnements dont elles ne sont en rien responsables.
Depuis le début de l’année 2026, de nombreuses personnes au chômage à Genève se retrouvent privées de leurs indemnités pendant plusieurs semaines, parfois plus. Ces retards, liés à la mise en service du système SIPAC 2.0 sous la responsabilité du Secrétariat d’État à l’économie (SECO), plongent des ménages entiers dans des situations financières dramatiques : loyers impayés, poursuites, difficultés à payer les primes d’assurance-maladie, voire recours forcé à l’aide sociale. Une situation d’autant plus choquante que ces personnes ont cotisé et remplissent toutes les conditions légales pour percevoir leurs prestations.
Alors que la Confédération peine à corriger rapidement ces dysfonctionnements, ce sont les cantons et leurs services qui se retrouvent en première ligne. À Genève, les offices régionaux de placement, les caisses de chômage et les services sociaux font face à une surcharge exceptionnelle, sans moyens supplémentaires suffisants, tandis que la détresse sociale s’aggrave jour après jour. En janvier, seules 85 % des prestations prévues ont été versées au niveau suisse, un chiffre qui illustre l’ampleur de la crise.
Pour les Vert-e-s et le Parti socialiste, il est inacceptable d’attendre passivement une solution fédérale pendant que des personnes risquent de perdre leur logement ou de s’endetter durablement. La motion déposée demande au Conseil d’État de prendre des mesures urgentes et concrètes : renforcer immédiatement les effectifs des services concernés, simplifier et accélérer l’octroi d’avances sur indemnités, renoncer à toute sanction à l’encontre des bénéficiaires pénalisé-es par ces retards, et améliorer l’information et l’accompagnement des personnes touchées.
Un accent particulier est mis sur la protection du logement. Dans un canton où la pénurie de logements est structurelle, un retard de paiement peut rapidement conduire à une résiliation de bail. La gauche propose la mise en place d’un fonds cantonal extraordinaire et temporaire, inspiré des dispositifs efficaces déployés durant la crise du COVID-19, afin de couvrir les loyers impayés liés directement aux retards de chômage et d’éviter des expulsions injustes et socialement dévastatrices.
Cette motion défend une réponse pragmatique, humaine et solidaire à une crise transitoire mais aux conséquences potentiellement durables. Elle rappelle une évidence : lorsque des défaillances systémiques mettent en péril la sécurité matérielle de la population, la solidarité doit primer. À Genève, personne ne doit être laissé au bord du chemin à cause d’un bug informatique.
Pour plus d’informations :
- Romain de Sainte Marie, député socialiste et co-auteur de la motion
- Matthieu Jotterand, chef de groupe socialiste
- Thomas Wenger, président du PS genevois