Déficitaire à hauteur de 546.2 millions de francs, le projet de budget 2027 présenté ce matin par le Conseil d’État n’en confirme pas moins la politique d’austérité brutale annoncée ces derniers mois. Après avoir soutenu une réduction massive des recettes fiscales, le gouvernement fait aujourd’hui payer la population, en saignant littéralement les services publics et le réseau associatif, aidé du scandaleux rapport ECOGE. Pendant ce temps, la droite parlementaire continue de voter des baisses d’impôts qui ne profitent qu’aux plus riches et privent l’État de centaines de millions de francs chaque année.
Le projet de budget 2027 (PB27) intervient dans un contexte où les besoins de la population augmentent de manière alarmante. Dans le domaine social en particulier, la précarité continue de progresser et les dispositifs publics sont – et depuis longtemps déjà – sous tension. Les besoins en matière de santé, de formation, de logement, de protection de l’enfance ou encore d’accompagnement des personnes vulnérables ne cessent de croître, sans que les moyens suivent.
À ce titre, les 108 nouveaux postes (+ 0,6%) ne permettent même pas de suivre l’augmentation démographique alors que des phénomènes tels que le vieillissement et la précarisation imposent au contraire de faire croitre les moyens de l’État de manière plus significative pour répondre à ces nouveaux besoins.
Cyril Mizrahi, coprésident du Parti socialiste genevois, souligne que: «Les besoins explosent et les services publics sont déjà à bout. Le Conseil d’État doit maintenant assumer ses choix et cesser d’invoquer un manque de moyens qu’il a lui-même orchestré. Ce n’est pas aux ménages modestes et aux plus précaires de payer la facture des cadeaux fiscaux octroyés par la droite à ses riches électeurs».
«Cela n’ira qu’en s’aggravant tant que rien ne sera fait pour lutter sérieusement contre la concentration des richesses et la captation des revenus du travail par la classe dominante (assurances, patronat, propriétaires), contre le dérèglement climatique et ses effets, et pour accompagner le vieillissement de la population» avertit Caroline Marti, commissaire aux finances socialiste.
Or, derrière l’écran de fumée qu’est le versement de l’annuité au personnel de l’État en 2027 (dont le coût est neutre pour l’État), les coupes sont bien réelles, et elles sont massives: pas moins de 714 millions d’économies prévues sur 4 ans ! Outre la fonction publique, amputée de 4.2 millions dès l’année prochaine, les associations et autres structures subventionnées devront faire face à une baisse linéaire de 4% des financements publics, dès 2027 également. Les communes aussi passeront à la caisse en devant alléger les dépenses cantonales de 134 millions dès 2027, et plus encore à terme. Les grandes régies publiques (HUG, Imad, TPG etc.) sont elles-aussi appelées à trouver ailleurs de quoi financer leurs programmes.
Derrière toutes ces entités et structures, ce sont des prestations (sociales, culturelles, sportives, etc.) très concrètes qui disparaîtront, avec la promesse d’accélérer encore la dégradation du service public et la paupérisation de la population. «Il est particulièrement indécent de s’en prendre aux plus fragiles, en allant piocher directement par exemple dans le porte-monnaie des résident-es en EMS et des bénéficiaires de soins à domicile, ou encore en rabotant les prestations de l’aide sociale et les prestations complémentaires» dénonce Thomas Wenger, commissaire aux finances socialiste.
Notons encore que, visionnaire et toujours soucieux de préparer au mieux l’avenir, le Conseil d’État s’en prend également frontalement à la formation: augmentation du nombre d’élèves par classe au secondaire II dès 2028, augmentation du nombre de périodes d’enseignement dans les disciplines spéciales du secondaire, abandon de la décharge spéciale pour les enseignant-es de français et de sciences humaines, mais aussi hausse des taxes universitaires et diminution équivalente de la subvention à l’UNIGE dès 2028.
Après avoir fait les poches des étudiant-es des HES, le gouvernement entend donc faire de même avec celles et ceux de l’Université. Le cynisme est même poussé jusqu’à invoquer la première opération pour justifier la seconde! A cet égard, la votation du 27 septembre sur la baisse de 2 millions de francs du financement de la HES-SO Genève sera déterminante. Comme le souligne Grégoire Carasso, commissaire aux finances socialiste: «Les enjeux de cette votation vont bien au-delà de ce seul contrat de prestations; c’est l’ensemble du système d’enseignement supérieur qui est attaqué. Le Conseil d’État a été clair sur son intention d’aller vers un désengagement progressif de l’État, mais il est encore temps de le stopper». Pour en convaincre les Genevois-es, le PS est et restera pleinement mobilisé jusqu’au terme de cette campagne décisive.
Quant au travail parlementaire sur le PB27, les Socialistes prendront leurs responsabilités. «En l’état, ce budget est absolument inacceptable: il demande des sacrifices énormes à la population alors que les besoins augmentent et que la droite continue de siphonner les caisses publiques. Cela dit, nous sommes disposé-es à faire des propositions pour l’améliorer. Mais nous ne négocierons pas le démantèlement du service public» conclut Matthieu Jotterand, chef du groupe socialiste au Grand Conseil.
Pour plus d’informations :
- Caroline Marti, commissaire aux finances socialiste
- Thomas Wenger, commissaire aux finances socialiste
- Grégoire Carasso, commissaire aux finances socialiste
- Matthieu Jotterand, chef du groupe socialiste au Grand Conseil
- Cyril Mizrahi, coprésident du PS genevois