En refusant d’entrer en matière sur le budget 2026, la majorité du Grand Conseil, bien ancrée à droite, a paralysé le Canton. Et c’est toujours la même logique qui s’impose : faire payer les plus précaires. Le mécanisme est simple et brutal : on vide les caisses, puis on crie à l’austérité qui frappe celles et ceux qui peinent à sortir la tête de l’eau.
Elle frappe les près de 40 000 personnes à l’aide sociale. Une baisse du forfait d’intégration qui complète l’aide ordinaire a déjà été actée. Elle touche celles et ceux qui ne disposent que du strict minimum vital. Le PLR enfonce le clou en déposant un projet de loi qui imposerait aux jeunes de 18 à 25 ans un soutien financier fortement réduit couplé à une obligation d’effectuer du bénévolat ainsi qu’une orientation forcée vers des formations dans les « domaines en pénurie ». Comme si être en situation de précarité était une question de flemme et non le symptôme d’un marché du travail excluant et d’un coût de la vie qui s’emballe. Les études sont pourtant unanimes : priver les personnes de ressources financières ne les aide pas à retrouver l’autonomie, au contraire : cela les enfonce un peu plus dans les difficultés.
Elle frappe les locataires. Les loyers sont hors de prix, les résiliations pleuvent et la spéculation pousse les plus modestes vers la sortie. Dans ce contexte, Le Centre, plutôt que de défendre le logement social, propose de réduire le nombre de logements d’utilité publique.
Elle frappe les personnes malades et les familles. Les primes d’assurance-maladie continuent leur hausse. Les subsides qui permettent d’amortir le choc sont désormais dans le collimateur : baisse directe, fin de l’indexation. Résultat : des milliers de ménages à revenus modestes seraient contraints de rogner sur l’essentiel ou risqueraient de renoncer à se soigner.
Elle frappe les travailleuses et travailleurs. Le chômage n’est pas en baisse, la précarité s’étend, notamment celle des travailleuses et travailleurs pauvres. Et pour couronner le tout, les attaques contre le salaire minimum se multiplient à Genève comme au niveau fédéral. Et lorsque le salaire ne suffit pas, c’est la collectivité qui compense !
Or les moyens existent. C’est la volonté qui manque ! Genève ne manque pas de moyens, mais la logique politique honteuse de la droite est de faire des économies. Les plus nanti-es ont vu leurs impôts baisser, alors que les plus pauvres sont dépouillé-es. Ce choix-là n’est pas financier, il est politique, inacceptable, et avec vous toutes et tous nous nous y opposons dans la rue comme au parlement !