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Non au financement de Frontex !

Carlo Sommaruga
Conseiller aux États


La Suisse et l’Union européenne partagent les valeurs de respect du droit public international, de l’État de droit, des droits humains, mais aussi de solidarité. L’agression russe contre l’Ukraine permet de mettre en exergue cette communauté de valeurs. Cela impose à l’ensemble des institutions suisses et européennes le devoir de les respecter. Or, force est de constater que Frontex, le corps des gardes-frontières de l’Espace Schengen, auquel appartient la Suisse, est loin de respecter dans son activité quotidienne ces valeurs et le droit d’asile, élément essentiel du droit public international.

La suppression du dépôt des demandes d’asile dans les ambassades comme la fermeture hermétique des frontières avec garde-côtes, murs et barrières, imposent la migration irrégulière à qui recherche protection. C’est pour ce motif que les Socialistes au Parlement européen se sont engagé-es pour la réforme du droit d’asile, de Frontex et ont contribué à créer un commissariat aux droits humains au sein de Frontex. Ce n’est pas suffisant. La réforme de Frontex doit se poursuivre. Mais elle doit se faire à Bruxelles avec la participation active de la Suisse. En Suisse, plutôt que de rependre bêtement le droit européen, comme le propose le Conseil fédéral, nous devons adopter des mesures d’accompagnement humanitaires. C’est ce que les Socialistes ont demandé au Parlement avec la réouverture des ambassades aux demandes d’asile et le resettlement d’au moins 4’000 personnes par années, c’est-à-dire des couloirs humanitaires pour éviter qu’hommes, femmes et enfants en fuite soient contraint-es d’affronter les affres de la route migratoire et les risques de la traversée de la Méditerranée. La Conseillère fédérale Karin Keller Sutter s’est alliée à l’UDC et au PLR pour refuser ces mesures d’accompagnement humanitaires. C’est pour cela que les Socialistes disent clairement NON au financement de Frontex.

Après le refus de la loi sur le financement de Frontex, une nouvelle loi répondant à ces exigences sera mise sous toit. Comme pour le volet travail, la construction de la voie bilatérale avec l’Union européenne ne peut avoir lieu qu’avec des mesures d’accompagnement, ici humanitaires. La bataille référendaire n’est donc pas pour ou contre l’Europe, mais un combat de politique intérieure pour le respect des valeurs humanitaires et du droit d’asile. C’est donc profondément attaché-es aux convictions européennes, aux droits humains et au droit d’asile que nous dirons NON au financement de Frontex.

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