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Étudiant-es : pour la droite, votre travail vaut moins que le minimum !

Le projet de loi 13445 se présente comme une mesure prétendument « pragmatique », destinée à préserver les jobs d’été dont le nombre aurait, selon la droite, chuté depuis l’entrée en vigueur du salaire minimum genevois. Camarades, ne tombons pas dans le panneau ! À ce jour, aucune étude sérieuse ni donnée statistique fiable ne vient étayer l’idée d’une disparition massive des emplois de vacances. En réalité, ce projet de loi envoie un message d’une brutalité limpide aux personnes en formation : votre travail vaut moins que le minimum. Concrètement, 25 % de moins que le salaire minimum genevois. Pourquoi ? Simplement parce que vous êtes en formation.

Le message est clair. La droite, avec un mépris teinté d’un adultisme mal placé, assimile études et jeunesse, puis jeunesse et inexpérience. Cette chaîne de raisonnements biaisés lui permet de justifier l’instauration d’un salaire inférieur. Or cette vision est non seulement fausse, mais profondément méprisante. Les étudiantes et étudiants occupent aujourd’hui des emplois variés, souvent exigeants, dans la vente, la restauration, les soins, le nettoyage ou l’administration. S’ils et elles sont engagé-es par des employeurs, c’est bien parce qu’ils et elles sont capables d’effectuer le travail demandé. Pourtant, si cette loi est acceptée, leur rémunération baissera mécaniquement pour tout contrat effectué durant les vacances pour une durée limitée.

La droite prétend agir « pour le bien des étudiant-es ». En réalité, elle révèle surtout sa profonde déconnexion du monde réel. Elle laisse entendre que travailler pendant les études servirait essentiellement à financer des vacances, un téléphone dernier cri ou des baskets à la mode. La réalité genevoise est tout autre. De nombreuses personnes en formation travaillent pour payer leur loyer, leur nourriture ou leur assurance maladie. Les jobs de vacances ne sont pas un luxe : ils constituent une nécessité économique. En baisser le salaire, c’est fragiliser l’accès aux études et creuser encore davantage les inégalités entre celles et ceux qui peuvent compter sur un soutien familial et les autres.

Par ailleurs, il est faux de prétendre que le texte ne concerne que les « jobs d’été ». Le projet va beaucoup plus loin. Il s’applique à l’ensemble des vacances scolaires, jusqu’à 60 jours par an, sans fixer de limite d’âge. Il vise toutes les personnes immatriculées ou en formation, quel que soit leur parcours. Lors des travaux de commission, tout et son contraire a été invoqué pour qualifier ces emplois : stages, périodes d’essai, formations professionnelles, emplois temporaires. Résultat : une loi floue, fourre-tout, sans garanties suffisantes en matière de contrôle et qui ouvre grand la porte aux abus.

Pire encore, ce projet repose sur du vent puisqu’aucune étude probante ne démontre que le salaire minimum, accepté par le peuple en 2020, aurait réduit le nombre d’emplois de vacances. Ce projet ne vise pas à sauver les jobs d’été. Il cherche à instaurer un sous-salariat légal pour les personnes en formation et à affaiblir le principe même du salaire minimum, outil central de lutte contre la pauvreté. Aujourd’hui les étudiant-es, demain quelle autre catégorie de travailleur-euses ?

Lors de la votation sur ce projet de loi, le choix est clair : pour défendre la jeunesse, l’égalité salariale et la dignité au travail, votons non à ce texte trompeur.

Léna Strasser
Députée au Grand Conseil — Vice-Présidente du PS genevois

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