Le 8 mars prochain, la population sera appelée à voter sur l’initiative pour la création d’un « Fonds climat ». Cette modification constitutionnelle, initiée par les Vert-es, vise à créer un fonds alimenté chaque année à hauteur de 0,5 à 1 % du PIB de la Confédération, et ce jusqu’en 2050 ou plus tôt si les objectifs climatiques sont atteints.
L’argent ainsi collecté, de 4 à 8 milliards de francs chaque année, sera utilisé pour financer la transition énergétique : installation de nouvelles énergies renouvelables, rénovation énergétique des bâtiments, développement de la mobilité douce, protection de la biodiversité et formation aux métiers de la transition. L’ensemble de ces éléments est dans notre programme, des financements existent effectivement déjà, mais les montants ne sont à la hauteur ni des ambitions ni des enjeux.
Cette initiative a été rejetée à Berne par les deux chambres du Parlement, et le Conseil fédéral n’a pas formulé de contre-projet.
Et pourtant, en matière de transition énergétique, l’argent est le nerf de la guerre. Une étude de 2021 publiée par SwissBanking estime que les objectifs et les engagements pris par la Confédération nécessitent environ 12 milliards de francs par an. Aujourd’hui, les soutiens s’élèvent, selon les estimations, à environ 3 milliards de francs. Ce fonds vise précisément à combler cet écart.
La disposition est souple dans son application. Elle ne fixe ni objectifs particuliers, ni impôt dédié, ni clef de répartition entre les cantons, ni montants définis par filière. C’est sur ce point que se concentrent les critiques des opposant-es. C’est pourtant la grande force de cette proposition.
Jusqu’à présent, les programmes de transition définissaient des objectifs précis, mais en laissant un point d’interrogation sur la mise en œuvre. Et malheureusement, bien souvent, on admettait dix ans après que les objectifs initiaux étaient devenus inatteignables. C’est peu ou prou ce qui a eu lieu avec les accords de Paris. Ici, la logique est inversée : les moyens sont fixés, de façon précise, avec comme certitude que les choses iront dans le bon sens, et plus rapidement qu’en maintenant le statu quo.
Face à l’urgence climatique, il faut se donner les moyens de nos ambitions. Le 8 mars, votons oui au « Fonds climat » !