Le 8 mars, les habitantes et habitants de Confignon se prononceront sur le Plan localisé de quartier (PLQ) des Cherpines. Au-delà des polémiques, ce projet pose une question essentielle : voulons-nous répondre concrètement à la crise du logement et construire une ville plus juste, plus écologique et localement bien vivable ?
Une réponse nécessaire à la crise du logement
À Genève, la pénurie de logements n’est plus une notion abstraite depuis longtemps : elle frappe les familles, les jeunes, les personnes âgées et les travailleuses et travailleurs indispensables au fonctionnement de la région. Refuser de construire, c’est accepter que des milliers de personnes restent exclues du droit fondamental à un logement abordable. Refuser de construire, c’est pousser des milliers de personnes à devoir aller habiter de plus en plus loin, multipliant les longs trajets en voiture. Ces derniers pèsent à la fois sur la vie familiale de conducteur-ices, mais également sur la qualité de vie des
habitant-es de Genève qui pâtissent de la pollution sonore et atmosphérique du trafic de transit.
Le PLQ des Cherpines prévoit environ 3700 logements, dont une part significative à loyers modérés et subventionnés. Ce n’est pas un luxe, mais une nécessité sociale. Dans un canton où le taux de vacance reste dramatiquement bas, chaque projet bien conçu compte. Les Cherpines offrent une réponse planifiée, cohérente et maîtrisée, loin des constructions opportunistes dictées par le marché seul.
La ville des courtes distances, pas l’urbanisation sauvage
Le PLQ des Cherpines, contrairement aux caricatures, ne promeut en rien le « bétonnage ». Il s’érige même en opposition à l’étalement urbain (quand bien même on aurait préféré qu’il ne se construise pas sur une ancienne zone agricole, déclassée en 2011par une votation populaire).
Le futur quartier des Cherpines s’inscrit pleinement dans le modèle de la ville du quart d’heure, où logements, écoles, commerces, services publics, emplois, culture, sport et espaces verts se trouvent à proximité.
Ce choix urbanistique réduit les déplacements contraints, favorise la mobilité douce et renforce la qualité de vie au quotidien. Vivre, travailler, apprendre et se détendre dans un même périmètre : c’est cela, une ville moderne et écologique, qui répond aux enjeux climatiques sans sacrifier la justice sociale.
Soutenir ce PLQ, c’est refuser une commune-dortoir réservée à quelques-un-es, et affirmer au contraire une commune ouverte, solidaire et tournée vers l’avenir. Confignon peut évoluer sans perdre son âme, à condition d’assumer des choix courageux.
Le 8 mars, un choix politique clair
Aucun grand projet n’est parfait, et le débat est légitime. Mais dire non aujourd’hui, c’est prolonger la pénurie de logements, repousser les solutions et laisser la crise s’aggraver. Pour Confignon, dire non, c’est refuser de prendre son avenir en mains et prendre le risque de se faire imposer un projet qui se fera alors sans son avis.
Le 8 mars, voter oui au PLQ des Cherpines, c’est faire le choix d’un urbanisme responsable, social et durable. Un choix de gauche, tout simplement.
Caroline Orell et Aline Joliat
Conseillères municipales à Confignon