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À Berne, la droite approfondit sa politique anti-sociale

La session d’automne était à mi-chemin entre la votation sur l’initiative de l’UDC dite « de durabilité » et les Bilatérales III. Alors que la crise que l’UDC a cherché à exploiter s’accentue, nous devons mobiliser pour défendre le service public et les droits sociaux.

Concernant les Bilatérales III, la libre-circulation des personnes qu’elles prévoient de maintenir est un bien précieux pour les salarié-es. Elle doit cependant être flanquée de droits sociaux pour résister à la pression patronale.

Les Bilatérales III pourraient malgré tout peser sur des avancées sociales, avec la reprise du principe de l’interdiction des aides d’État et la libéralisation du marché de l’électricité. Grâce aux référendums gagnés au début des années 2000, nous avons pu freiner ce processus de privatisation, en particulier la libéralisation du marché de l’électricité avec le NON en votation
en 2003.

Nous n’avons pas pu en faire autant avec la libéralisation du système de santé. Le remplacement des subventions et/ou garanties de déficit aux hôpitaux par un financement par cas a ouvert la porte aux profits d’entreprises privées et fait exploser les primes. Ces sociétés produisent des soins à niveaux industriels pour atteindre des objectifs de rendement fixés par les actionnaires, tandis que le renoncement aux soins est devenu la règle pour presque 1/5e de la population.

Autre motif d’inquiétude : le droit du bail. Le Conseil fédéral veut supprimer le lien entre loyer et coûts, pour le remplacer par le marché. Au début du bail, le loyer ne pourrait plus être contesté s’il est inférieur ou égal au niveau statistique des loyers. En cours de bail, le loyer augmenterait encore selon le coût de la vie ! Le Conseil fédéral tente ainsi de légaliser les profits abusifs des bailleurs.

Le panorama ne serait pas complet sans le budget de l’armée. La droite veut transférer les coûts d’équipement de l’armée sur la TVA. C’est le seul impôt qui trouve grâce à ses yeux. Et pour cause, il est profondément antisocial et épargne très largement les grandes fortunes et les salarié-es bénéficiant de hauts revenus.

À un an des élections fédérales, nous avons du souci à nous faire. Comme au début des années 2000, l’heure est à la mobilisation contre ces attaques, à commencer par la votation sur la TVA en novembre, suivie de la libéralisation du marché de l’électricité si celle-ci devait être votée l’année prochaine.

Photo: Roman Babakin

Christian Dandrès
Conseiller national — Président du syndicat SSP-VPOD

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