À Genève, le programme « Orchestre en classe » est confié à certaines écoles de musique déléguées qui le réalisent efficacement. Toutefois, il n’est pas encore suffisamment déployé pour répondre à la demande. Selon un rapport de la Cour des comptes (147 du 6 juin 2019), les écoles de musique auxquelles le DIP a délégué l’enseignement spécifique de l’apprentissage d’un instrument sont fréquentées par des élèves dont la position sociale des parents est plus élevée que celle des élèves de l’école publique. L’accès à l’offre dépend de l’appartenance sociale.
Pour exemple, un-e enfant ne sachant ni lire ni écrire ignore qu’il/elle peut fréquenter une bibliothèque, de même un-e enfant ignorant l’existence d’instruments de musique ne s’inscrira pas à une formation musicale. Le groupe socialiste a déposé une motion (M03108A) pour aller dans le sens de la démocratisation de cet enseignement en proposant de sensibiliser les élèves à l’apprentissage de la musique dans toutes les écoles du canton. Cette motion a été votée à l’unanimité au Grand Conseil. Elle invite le Conseil d’État à :
développer, en partenariat avec les communes et les écoles mandatées pour les enseignements artistiques de base, les actions musicales pour les élèves de l’enseignement primaire dans le cadre du projet d’horaire continu;
étendre le dispositif Orchestre en classe en partenariat avec les communes;
communiquer largement sur les diverses aides existantes pour la pratique musicale.
La plus-value de la musique sur le développement du cerveau de l’enfant est reconnue. Plusieurs études ont démontré que l’écoute de la musique a déjà un impact positif. L’apprentissage et la pratique d’un instrument favorisent la concentration, améliore les capacités intellectuelles, ce qui constitue un atout pour tous les apprentissages. De plus, jouer en groupe développe une dimension sociale essentielle : écouter l’autre, collaborer, construire ensemble un résultat, s’enrichir mutuellement.
Photo: Cotton bro