Le 8 mars dernier, la population a fait un choix clair : notre état civil ne doit plus déterminer notre facture fiscale. Avec l’imposition individuelle, chacune et chacun sera imposé sur son propre revenu. La pénalisation du mariage a donc été supprimée, tout comme les bonifications dont bénéficiaient certains couples mariés. Nous sommes ainsi sorti-es d’un système qui décourageait le deuxième revenu, encore trop souvent assuré par les femmes. En matière d’autonomie financière et d’égalité, c’est un immense pas en avant !
Mais aujourd’hui, coup de théâtre : le Centre maintient son initiative alors même que la pénalisation du mariage vient d’être supprimée. Son intention est donc toute autre : il veut sauver la bonification dont bénéficiaient certains couples mariés. Autrement dit, il veut un système qui favorise fiscalement le modèle où Madame reste à la maison pendant que Monsieur exerce une activité lucrative. En matière d’égalité, ce serait un sacré retour en arrière.
Et ce retour en arrière aurait un prix : entre 700 millions et 1,4 milliard de pertes fiscales par année, avec en prime un joli casse-tête administratif. On pourrait se retrouver avec une imposition individuelle aux niveaux cantonal et communal, mais une imposition commune au niveau fédéral. Deux systèmes différents pour les mêmes contribuables : difficile de faire plus simple !
Le mariage ne doit être ni pénalisé, ni récompensé fiscalement. Le problème a été réglé le 8 mars dans le respect de nos valeurs d’égalité. Le 29 novembre, il faudra donc dire non à l’initiative du Centre « pour des impôts équitables ».