La question traverse notre époque. Les institutions seraient déconnectées, l’État impuissant, les compromis synonymes de renoncements. À force d’être répétée, cette idée finit presque par s’imposer : la politique ne changerait plus grand-chose.
Pourtant, elle répond à une question fondamentale : qu’acceptons-nous de laisser au hasard et que décidons-nous de prendre en charge collectivement ? C’est là que se dessine le véritable clivage de notre temps. D’un côté, une vision qui considère que l’action publique devrait toujours faire moins, investir moins et laisser davantage de place au marché. De l’autre, la conviction que certaines libertés ne sont réelles que lorsqu’une société choisit de les rendre accessibles à toutes et à tous.
Depuis plusieurs années, une même idée progresse : les impôts seraient toujours trop élevés, les services publics toujours trop coûteux et l’État toujours trop présent. Le rapport Zuin s’inscrit pleinement dans cette logique. Il ne propose pas seulement des économies. Il porte un projet politique où les prestations publiques sont d’abord regardées comme des dépenses à contenir plutôt que comme des investissements dans la cohésion sociale. Cette logique se traduit toujours de la même manière : des services plus difficiles d’accès et davantage d’inégalités.
Nous faisons un autre choix. Un service public performant n’est pas celui qui coûte le moins cher. C’est celui qui permet à chacune et chacun d’accéder effectivement à ses droits. C’est avec cette boussole que le Parti socialiste genevois aborde les votations du 27 septembre : non pas en jugeant les intentions, mais les conséquences concrètes des propositions sur la vie de la population.
La véritable question n’est donc pas de savoir combien coûte l’action publique. Elle est de savoir quel prix nous sommes prêt-es à payer lorsque nous renonçons à protéger ce qui constitue une société démocratique : ses droits, ses services publics et sa solidarité.