Chacun-e devrait pouvoir vivre de son travail. Nous en sommes très éloigné-es. A Genève, dont le PIB atteint près de 60 milliards de francs, 17’000 personnes sont contraintes de faire appel à de l’aide alimentaire !
Les conditions de travail se sont fortement détériorées ces dernières années : les statuts précaires se sont multipliés. Les patrons parviennent largement à transférer le risque entrepreneurial sur les travailleur-euses (uberisation du travail) et la collectivité (allocations, subventions, et aides publiques), afin d’amasser toujours plus de profits. En Suisse, plus de 400’000 personnes travaillent avec un statut d’intérimaire !
La pression patronale augmente via la mise en concurrence des salarié-es, y compris entre les différents statuts au sein de la même entreprise ou du même service.
La logique patronale n’est assurément pas au « dialogue social ». Les attaques se multiplient et se radicalisent : privatisations, démantèlement des prestations sociales, extension du temps de travail hebdomadaire, relèvement de l’âge de la retraite, sous-effectifs organisés, etc. La droite patronale veut mettre toute la population au travail en traquant les prétendus faux-malades et bientôt faux-invalides, pour pouvoir exploiter toujours plus de monde.
Pour faire face à la course vers le bas (race to the bottom), des cantons ont mis en place, grâce à l’action syndicale et à la suite de votations populaires, des planchers (salaires minimaux). Ceux-ci restent trop bas. A Genève, il correspond à 60% du salaire médian, alors qu’au Portugal il atteint 68%. Leur instauration a cependant sorti de la pauvreté des milliers de salarié-es, en particulier des femmes et des jeunes de moins de 25 ans, les personnes peu qualifiées et celles exerçant des métiers physiques pénibles et manuels.
Dans une logique revancharde, les patrons des secteurs dont les salaires ont été améliorés sont passés par Berne pour emporter le morceau perdu dans les cantons. Ils inversent la logique du droit du travail et se servent des mesures d’accompagnement à la libre-circulation des personnes pour écraser les salaires minimaux et imposer une sorte de « cordon sanitaire » en empêchant d’autres cantons et villes de reprendre cette protection basique.
Face au mépris, nous répondrons par la mobilisation collective. Le référendum est lancé !