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Coupes dans les HES-SO : un dernier rempart avant l’austérité ?

Au début de l’année, alors qu’un contrat de prestations régissant les indemnités versées par l’État aux HES-SO genevoises était discuté au Grand Conseil, le Conseil d’État s’est livré, une fois de plus, à un déni de démocratie en imposant un amendement de dernière minute. Ce contrat, déjà considéré comme un minimum par les directions des écoles, avait été négocié et validé par une majorité de la commission de l’enseignement supérieur. Pourtant, au dernier moment, le Conseil d’État y a apposé une coupe de 2 millions de francs par année aux 35 millions initialement prévus, soit une baisse de près de 6 %, sans véritable concertation avec les acteur-trices concerné-es.

Plus que le montant de la coupe, c’est la méthode qui interroge. Un contrat négocié pendant des mois, puis amputé à la dernière minute pour satisfaire une logique comptable. Une logique qui devient malheureusement une habitude : celle de l’austérité par petites touches, où chaque coupe est présentée comme raisonnable, avant de devenir la norme.

Malheureusement, à la suite d’un retournement de veste de LJS (encore eux) en séance plénière du Grand Conseil, cet amendement a été accepté, entraînant l’adoption d’un contrat de prestations au rabais. Ni une ni deux, la Jeunesse socialiste s’est lancée dans un référendum. Accompagnée des partis de gauche, du MCG, des syndicats et des associations étudiantes, nous avons récolté près de 6’000 signatures. Un signal fort montrant que cette question dépasse largement les seules HES.

Car cette votation ne concerne pas uniquement 2 millions de francs. Elle s’inscrit dans une offensive plus large contre le financement de la formation publique. La récente publication du rapport Zuin en est une illustration frappante. Parmi les mesures proposées figure notamment une augmentation des taxes d’études à l’UNIGE, reposant sur la même logique que celle à l’œuvre dans les HES : faire payer davantage les étudiant-es pour permettre ensuite à l’État de se désengager financièrement sous couvert de nouvelles recettes. Cette votation s’annonce donc décisive. Il ne s’agit pas seulement de défendre les HES, mais d’envoyer un message politique clair : pas de coupes sur le dos des étudiant-es, pas de coupes dans les services publics, pas de nouvelles portes ouvertes à l’austérité.

En tant qu’ancien étudiant d’une de ces écoles, je mesure aujourd’hui plus que jamais l’importance d’une formation qui se donne réellement les moyens de répondre aux besoins de la population. Les HES forment des métiers essentiels : des infirmières et infirmiers aux travailleuses sociales et travailleurs sociaux, en passant par les paysagistes, les ingénieur-es ou encore les professionnel-les de l’art et du design. Derrière ces lignes budgétaires se trouvent les personnes qui feront vivre les services publics de demain.

Enfin, un message devra être martelé tout au long de la campagne : contrairement à ce que laisse entendre la formulation de la question de votation, le référendum ne remet absolument pas en cause le financement des HES-SO. Il vise uniquement à supprimer l’amendement imposant une coupe de près de 6 % de la participation de l’État et à revenir au contrat de prestations initialement négocié.

Au plaisir de se voir sur les stands et les tractages à partir de la rentrée.

Adrien Rastello
Membre du comité de la Jeunesse socialiste genevoise

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