Depuis le 19 mai dernier, le Conseil municipal de Veyrier est présidé par notre camarade William Ferguson. Une élection pas tout à fait ordinaire, puisqu’elle fait de lui le plus jeune président qu’ait connu un délibératif genevois, succédant ainsi, à ce titre, à notre camarade Thomas Bertossa à Onex.
Pour commencer, Camarade, parle-nous de toi !
Je suis né à Rouen en 2006 et je vis à Vessy depuis 2017. Trois mois après mon élection au Conseil municipal, j’ai obtenu une maturité grec-latin et j’étudie maintenant l’histoire générale et l’histoire de l’art à la Faculté des Lettres, avec le romanche en troisième branche.
Pourquoi ce choix ?
Mes matières principales, dont l’accès est menacé par les réformes de l’enseignement, sont des clés importantes pour comprendre notre société et pour déconstruire son modèle actuel. Les poussiéreuses « humanités » permettent en fait une approche du monde plus juste et humaine que celle, libérale et utilitariste au sens le plus réducteur du terme, qui empoisonne l’arène politique. Dans un monde d’images et d’informations permanentes dans lequel nous avons cruellement besoin d’outils et de recul, quelle idée saugrenue (ou malveillante) de restreindre l’accès précisément à ces clés-là !
Et pourquoi l’engagement politique ?
Partout l’extrême droite avance, remettant en cause les droits humains. C’était pour moi une nécessité de m’engager pour une gauche qui combatte le capitalisme dont ces mouvements sont la conséquence. Il faut une gauche forte, sur les plans institutionnel, associatif, syndical, une gauche populaire. L’immense majorité des acquis sociaux sont dus à des mobilisations populaires : il ne faut pas l’oublier et nous devons continuer de nous mobiliser !
Après un an au Conseil municipal, te voilà président. Quel effet cela fait-il, et que comptes-tu en faire ?
Je crois que c’est la démonstration que la politique peut être faite par des gens hors des profils habituels. J’espère surtout que cela pourra être une modeste contribution à un intérêt pour la politique de la part du plus grand nombre, notamment parmi celles et ceux qui y sont le moins représenté-es. Être le « premier citoyen » de ma commune est donc un grand honneur, et ce, même si la conscience de toutes les imperfections de nos institutions démocratiques ne me quitte pas.
Certain-es te voient conseiller fédéral dans 10 ans. Qu’est-ce que tu réponds ?
(Rire) Que ce n’est en tout cas pas pour cette raison que j’ai choisi d’apprendre le romanche !
Propos recueillis par Bernard Pinget