Rencontre avec Christina Kitsos, Maire de Genève, qui nous explique l’impact potentiel du rapport Zuin sur les communes et notamment en Ville de Genève.
Le rapport évoque un transfert de charges vers les communes. Ce ne sont donc pas des coupes. Faut-il tout de même y voir une attaque contre le service public ?
Ce qui doit nous guider, ce sont les besoins de la population. Les politiques publiques doivent être à la hauteur des grands défis de notre époque. Ces enjeux exigent une vision d’ensemble cohérente et coordonnée, et non une succession de mesures fragmentées. Certaines prestations doivent rester universelles et garanties, car elles constituent le socle de notre cohésion sociale. Or, transférer des charges aux communes risquera de péjorer la qualité de vie des habitant-es.
Quelles seraient les conséquences d’un tel transfert pour la Ville de Genève ?
Plus de 400 millions de francs seraient transférés à l’ensemble des communes. À cela s’ajoutent des charges spécifiques qui ne concernent que la Ville de Genève. Sans recettes supplémentaires, les conséquences seraient très concrètes. Elles toucheraient les prestations que la Ville offre à la population, y compris celles assumées en tant que ville-centre et qui concernent tou-tes les habitant-es du canton.
Ce n’est pas la première fois que le Canton envisage d’augmenter la pression financière sur les communes. Penses-tu que cela s’inscrit dans un projet politique ?
Suite à la baisse d’impôts portée par la majorité de droite, les communes ont déjà perdu plus de 100 millions de francs de recettes. Cette même majorité assurait qu’il n’y aurait pas de diminution des prestations. Pourtant, si ces transferts se concrétisent, ce seront surtout les grandes communes qui devront absorber les charges supplémentaires, avec des arbitrages inévitables au détriment des prestations. Et demain, la droite reprochera à la gauche les coupes qu’elle aura elle-même provoquées.
En tant que Socialistes, nous refusons cette stratégie qui consiste à affaiblir progressivement l’État et à démanteler les services publics qui répondent aux besoins de la population. Il en va de nos valeurs d’égalité, de justice sociale et de dignité pour toutes et tous.
Propos recueillis par Alexandre Goumaz