Interview de Coralie Cabibbo, présidente de « Sindy, syndicat étudiant de la HEAD », et vice-présidente du syndicat étudiant HES-Ge
Les étudiant-es des HES ont récemment vécu une augmentation des taxes d’études. Quels ont été les effets de cette augmentation sur les étudiant-es ?
L’augmentation des taxes d’études précarise encore plus les étudiant-es et compromet l’accessibilité aux études. Certain-es ont dû interrompre leurs cursus ou renoncer à un Master faute de moyens. Aussi, le salaire minimum vient d’être réduit pour nous de 25% pendant les vacances scolaires, qui sont LE moment où nous avons la possibilité de travailler, éventuellement économiser tant que possible dans l’attente des bourses qui tombent de plus en plus tard. Ces mesures, cumulées, transforment progressivement l’éducation publique en service réservé à une élite.
Comment est perçu le projet de coupes budgétaires parmi les étudiant-es ?
Ce projet nous parait surréaliste. En 2024, l’État diminue les impôts qui devraient lui permettre de soutenir ses services publics. La hausse des taxes représente 3 millions, laborieusement financés par les étudiant-es, et ce montant sert d’excuse à l’État pour se décharger de ses responsabilités envers ses services d’éducation publique. En parallèle, nous constatons des atteintes à la liberté d’expression dans les HES, comme une directive imposant la « non-diffusion de messages à caractère politique au sein des HES-SO ». Sous couvert de neutralité, ces restrictions affaiblissent l’esprit critique et l’engagement citoyen, pourtant au cœur des missions de la HES-SO.
Concrètement, quels seraient les impacts des coupes budgétaires prévues sur les étudiant-es et le personnel des HES ?
Ces coupes budgétaires s’ajoutent à une série de mesures qui fragilisent les étudiant-es, notamment celles et ceux qui ne bénéficient pas d’un soutien familial. Travailler toujours plus pour limiter son endettement nuit à nos réussites académiques. Si seul-es celles et ceux qui en ont les moyens peuvent étudier, quels points de vue critiques seront produits au sein de nos écoles ?
Comment les syndicats des HES prévoient de se mobiliser pour la votation ? Comment est perçue cette mobilisation par les étudiant-es, le personnel et la direction ?
Les syndicats de travailleur-euses et d’étudiant-es ainsi que plusieurs associations s’unissent pour défendre les acquis sociaux attaqués sans cesse. Dans un contexte où il est essentiel de s’informer, de s’engager et de lutter pour un monde plus équitable, ces motions de désengagement et de censure émanant d’institutions officielles révèlent le climat oppressif qui s’impose progressivement en Suisse et en Occident avec la montée des extrêmes-droites
Propos recueillis par Mélanie Rufi
L’interview a été adapté à la charte d’écriture inclusive du PS genevois et ne correspond pas aux normes des syndicats Sindy et étudiant HES-Ge