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L’accès à la fraîcheur, nouvelle frontière de la fracture sociale

Au sortir d’une canicule qui s’annonce déjà historique, une évidence s’impose : l’accès à la fraîcheur est devenu un enjeu de justice sociale. Face à des vagues de chaleur toujours plus fréquentes et intenses, les communes doivent intégrer cette réalité dans leur politique d’aménagement.

Les espaces de fraîcheur ne sont pas un luxe. Ils sont une nécessité pour celles et ceux qui subissent le plus durement les canicules : travailleurs et travailleuses en extérieur, habitant-es de logements mal isolés, familles vivant dans des appartements exigus ou personnes âgées.

C’est dans cet esprit que le Parti socialiste d’Onex a lancé une initiative demandant l’étude de la création d’une piscine extérieure communale pour la période estivale. Avec plus de 19’000 habitantes et habitants, Onex ne dispose d’aucun équipement de ce type, contrairement à la plupart des communes genevoises de taille comparable. Plus largement, les communes de la Champagne restent également dépourvues d’un véritable espace public de fraîcheur.

L’aboutissement de cette initiative constitue une victoire importante. Elle traduit une réalité vécue par de nombreux-ses onésien-nes : des logements dépassant régulièrement les 30 degrés et des quartiers fortement minéralisés où le bitume atteint parfois 70 degrés en plein été.

Pourtant, certaines décisions politiques vont à rebours de cette exigence de justice climatique. La révision de la loi sur les piscines et bains publics, interdisant notamment le port du burkini, limite l’accès à ces espaces pour certaines femmes musulmanes, mais aussi aux plus vulnérables souhaitant se protéger du soleil. Dans le même temps, des communes du bord du lac continuent de réserver ou de subventionner leurs plages à leurs seul-es habitant-es, accentuant les inégalités territoriales.

Le constat est simple : celles et ceux qui disposent d’une piscine privée ou vivent au bord du lac affronteront les prochaines canicules dans de bien meilleures conditions que le reste de la population. À mesure que le climat se réchauffe, la fraîcheur devient un privilège et les mécanismes d’exclusion se renforcent.

Une piscine publique accessible l’été n’est donc pas un simple équipement de loisirs. C’est un investissement dans la santé publique, la cohésion sociale et l’adaptation au changement climatique. Elle incarne pleinement les valeurs de justice sociale et de justice climatique.

Le Conseil administratif d’Onex estime aujourd’hui qu’un tel projet est trop coûteux. Faute de majorité politique, le Parti Socialiste pousse désormais pour qu’un contre-projet ambitieux voit le jour, sinon il maintiendra son initiative. Ouvrir la piscine intérieure en été, en complément de la pataugeoire, rénover cette dernière, aménager des jeux aquatiques extérieurs à proximité, voici les propositions aujourd’hui au cœur des débats, et sur lesquelles le parti attend des réponses au sein du contre-projet.

Ce ne sera pas la réponse idéale. Mais ce sera déjà un premier pas. Car face à l’urgence climatique, l’inaction coûtera toujours plus cher que l’action.

Nathalie Braunschweiger
Présidente du Parti socialiste Onex

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