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10 millions : l’initiative du mensonge et du chaos – NON

Estelle Revaz
Conseillère nationale — Artiste, violoncelliste

L’initiative dite des « 10 millions » est une initiative du mensonge et du chaos.

Du mensonge, d’abord. Parce qu’elle instrumentalise les inquiétudes de la population pour désigner un bouc émissaire facile : les étranger-ères. C’est politiquement commode pour l’UDC, mais factuellement faux.

Non, l’immigration ne “sature” pas nos infrastructures. Nos trains sont en moyenne utilisés à moins de 30 % de leur capacité et ne sont surchargés qu’aux heures de pointe.

Non, l’immigration ne nous appauvrit pas. Depuis l’introduction de la libre circulation des personnes, le PIB réel par habitant-e a augmenté d’environ 25 %.

Non, les étranger-ères ne vivent pas “aux crochets” de notre système social. Ils financent massivement l’AVS, avec plus de 25 % des cotisations pour moins de 15 % des prestations.

Et non, l’immigration n’est pas responsable de la hausse des primes maladie. En moyenne, les assuré-es étranger-ères coûtent près de 30 % de moins au système de santé que les Suisses.

Ces contre-vérités ne sont pas anodines. Elles préparent le terrain à une politique du chaos.

Si cette initiative est acceptée, elle mettra en péril les fondements mêmes de notre prospérité. Elle entraînera la dénonciation de l’accord sur la libre circulation des personnes et, par la clause guillotine, la fin des accords bilatéraux avec l’Europe. Concrètement : plus d’instabilité économique, moins d’emplois, du dumping salarial et une baisse du pouvoir d’achat.

Et pour quoi ? Pour aggraver les problèmes qu’elle prétend résoudre.

Dans un pays où le taux de natalité est de 1,2 enfant par femme et où la population vieillit rapidement, qui fera tourner notre économie ? Qui paiera les retraites ? Qui travaillera dans les hôpitaux, où un tiers du personnel vient de l’étranger ? Interdire l’accès à la main-d’œuvre étrangère, c’est aggraver la pénurie de personnel qualifié, favoriser le retour du travail précaire et affaiblir la protection des salariés.

Cette initiative ne résout rien. Elle aggrave tout.

Et pourtant, plus d’un-e Suisse sur deux se dit prêt à l’accepter. Face à ce danger, nous n’avons pas le droit à l’erreur. Il faut se mobiliser, convaincre, faire voter.

Pour rappeler une chose simple : les défis que nous rencontrons exigent des solutions sérieuses, pas des slogans mensongers qui nous conduisent droit dans le mur.

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