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Oui à une alimentation adéquate pour toutes et tous

René Longet

Voici trois ans, le scandale des cornets alimentaires aux Vernets a mis en évidence que le droit fondamental de pouvoir se nourrir correctement n’était pas garanti à Genève, et il a fallu improviser des réponses dans l’urgence. Cette situation a incité l’ancienne députée socialiste Helena Verissimo de Freitas à proposer d’inscrire dans la constitution cantonale la disposition suivante : « Le droit à l’alimentation est garanti. Toute personne a droit à une alimentation adéquate, ainsi que d’être à l’abri de la faim ». Helena a su convaincre une majorité de ses collègues et son texte a été adopté le 22 septembre 2022 par le Grand Conseil. Toutefois les groupes PLR, UDC et MCG l’ont rejetée, prétendant que l’Etat n’avait pas à intervenir sur les enjeux alimentaires ! 
 
Afin d’obtenir une large adhésion populaire ce 18 juin, FIAN Suisse, ONG engagée pour le droit à l’alimentation et le PS ont constitué début avril un Comité pour le droit à l’alimentation. Ce comité regroupe APRES, Bio Genève, CETIM, La Farce, FIAN Suisse, La Filière alimentaire des Vergers, Fourchette verte, la Grève du Climat, le Mouvement pour une agriculture paysanne et citoyenne, MATER Fondazione, Slowfood Genève, Swiss Food Academy, Uniterre ainsi que Le Centre, Ensemble à gauche, le PS, les Vert·e·s et les Verts libéraux. Les organisations à but social (Caritas, CSP, Partage, Colis du Coeur) d’une part, AgriGenève d’autre part soutiennent l’article constitutionnel de leur côté.
 
Jeter les bases et les contours d’une politique publique de l’alimentation
 
Comme l’écrit notre camarade Diego Esteban en conclusion de son rapport de majorité au Grand Conseil, « cette disposition représente le fondement d’une future politique publique de l’alimentation, à l’instar de ce qui existe pour la production agricole. Une politique publique permet une approche globale et transversale, de regrouper l’ensemble des protagonistes du domaine et de s’écarter de la situation actuelle, dans laquelle les initiatives – souvent associatives – s’enchaînent sans réelle coordination et à faible portée. L’alimentation telle que préconisée par le projet de loi englobe tous les enjeux qui y sont liés. L’Etat est invité à favoriser une production locale, saine, produite dans des conditions socialement et écologiquement justes. Les outils de formation seraient mobilisés pour du travail de prévention ».
 
La malnutrition est à la fois quantitative et qualitative, et la première pierre de la future politique publique devra être un inventaire de la situation tant au niveau de l’offre que de la demande. En vue de préciser les orientations et ressources d’une telle politique, qui seront ensuite consignées dans une proposition de loi, un processus participatif devra impliquer tous les acteurs concernés et susceptibles d’apporter leur contribution à une alimentation adéquate pour toutes et tous.

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