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Une cascade de cadeaux fiscaux

Thomas Wenger
Député au Grand Conseil — Chargé de projets culture et durabilité

Une diminution des impôts en cascade pour les plus fortuné-es, les banques et multinationales, c’est ce que la majorité de droite du Parlement fédéral nous a concocté sans scrupule.

Nous, les Socialistes, les partis de gauche, les syndicats, faisons barrage à ces attaques fiscales en lançant des référendums pour donner les moyens à la population de les rejeter et de renvoyer la droite dans les cordes.

Après la suppression du droit de timbre sur laquelle nous voterons le 13 février prochain, la droite veut nous imposer la suppression de l’impôt anticipé.

A quoi sert l’impôt anticipé ?
L’impôt anticipé est un « impôt de garantie » qui vise à empêcher la fraude fiscale. Il garantit que les revenus de l’épargne et de la fortune soient correctement déclarés. Dans un premier temps, 35 % d’impôt anticipé sont déduits des revenus de l’épargne. Puis les personnes qui déclarent correctement leur fortune et les intérêts qui en découlent se voient rembourser l’impôt anticipé.

La suppression de cet impôt ouvrirait une voie royale à la criminalité fiscale. Le PS se bat depuis des décennies pour lutter contre. Favoriser indirectement ces pratiques est parfaitement inadmissible.

En plus de l’abolition de l’impôt anticipé, le projet inclut la suppression du droit de timbre de négociation sur les obligations suisses. Ce dernier sert d’équivalent à la TVA, car le commerce d’obligations n’y est pas soumis. Alors que nous n’avons pas encore voté sur la suppression du droit de timbre le 13 février, la droite veut passer en force. Quelle arrogance !

Encore des pertes fiscales
Qui dit supprimer un impôt dit diminuer les recettes fiscales. En effet, les pertes sont estimées à un milliard de francs perdu en une seule fois. Puis la Confédération s’attend à des pertes annuelles de 200 millions. Montant qui pourrait plus que tripler avec des taux d’intérêt en hausse et une augmentation probable de la criminalité fiscale. L’Administration fédérale des contributions estime des pertes de 600 à 800 millions par an. Les cantons qui touchent 10 % du produit de l’impôt seraient également impactés.

Une fois de plus, c’est la population qui devra en payer le prix fort en compensant ces pertes fiscales ou en voyant ses prestations publiques diminuer. Faisons barrage à cette cascade de cadeaux fiscaux et battons-nous pour une fiscalité plus solidaire et juste !

Thématiques associées: Fiscalité

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