Le débat lancé par l’initiative « Pour une politique sportive ambitieuse » aura eu un mérite : mettre le sport au cœur de l’agenda politique genevois. Mais il aura aussi révélé une contradiction majeure. D’un côté, une volonté d’inscrire des principes dans la Constitution ; de l’autre, un refus d’y associer les moyens nécessaires. En restant au stade du symbole, le PLR a pris le risque de s’éloigner des réalités concrètes du terrain. Le Grand Conseil, lui, a fait un autre choix : celui de l’action. En adoptant largement le contre-projet dont mon département a eu le plaisir d’accompagner les travaux, le parlement a transformé une initiative essentiellement déclarative en avancée concrète. Le résultat est clair : des ressources augmentées et une base légale renforcée pour déployer une véritable politique publique
du sport.
Ces nouveaux moyens ne sont pas une fin en soi : ils sont un levier. Ils permettront de mettre en œuvre, avec ambition et cohérence, le plan stratégique cantonal du sport 2024–2028. Concrètement, cela signifie agir sur tous les fronts. Garantir un accès au sport pour toute la population, en levant les barrières sociales, économiques ou liées au handicap. Consolider le tissu associatif et notamment les associations faîtières du sport genevois, pilier de notre modèle, en soutenant sa professionnalisation et en renforçant sa capacité d’action. Accompagner la relève, pour que les jeunes talents puissent concilier formation et parcours sportif dans des conditions acceptables. Soutenir l’élite individuelle, en renforçant l’aide financière aux athlètes pour leur permettre de se consacrer pleinement à leur préparation et à leur performance. Investir et planifier, en collaboration étroite avec les communes, dans des infrastructures à la hauteur des besoins d’une population en croissance. Donner un nouvel élan aux manifestations sportives, locales comme internationales, en renforçant l’accompagnement du Canton et en développant des mesures d’impact et d’héritage générant des bénéfices durables pour la population. Enfin, promouvoir une pratique éthique, inclusive et bénéfique pour la santé.
Ce choix est assumé : il affirme pleinement le sport comme une politique essentielle, au cœur de la cohésion sociale. Il constitue en effet un rempart contre l’isolement, favorise l’égalité des chances et renforce le vivre-ensemble. Il est aussi un investissement dans la santé publique et l’attractivité de notre Canton. Au-delà du sport, c’est ainsi la capacité d’agir ensemble qui se renforce, avec des effets directs et durables pour la vie sociale et la qualité de vie dans notre Canton.